15 novembre 2009


Le Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies (RAMSES) constitue une analyse approfondie et prospective de l'actualité : il fournit les clés et les repères indispensables pour décrypter la géopolitique à l'échelle mondiale. • Les Perspectives de Thierry de Montbrial, synthèse originale de l'année écoulée, couvrent l'ensemble du champ des relations internationales. • 8 parties thématiques - Économie mondiale, Énergie et climat, Etats-Unis, Europe, Moyen-Orient/Maghreb, Asie, Afrique, Amérique latine - regroupent 53 entrées analysant les enjeux de la zone ou de la question concernée. • Les Repères proposent un appareil documentaire qui complète les textes : chronologie, statistiques, cartes originales créées pour RAMSES, suivies d'un index méthodologique détaillé. Porté par l'équipe de l'Ifri et ses collaborateurs extérieurs, RAMSES 2010 est l'ouvrage indispensable pour l'étudiant, l'enseignant, le manager, le journaliste, le diplomate ou toute personne qui veut comprendre notre monde en mutation.

09 juin 2009


Figure marquante des années Mitterrand, Jacques Attali a droit à une première biographie exhaustive de Cyril Auffret. Major de l'Ecole Polytechnique, ingénieur des Mines, mais également diplômé de Sciences-po, l'ENA. Conseiller économique de Mitterrand à 30 ans, puis à 40 ans, son conseiller spécial, Jacques Attali après avoir dirigé la BERD se consacre désormais à son ONG Planet Finance;
L'ouvrage de Cyril Auffret plonge le lecteur dans les années fastes de la présidence Mitterrand, et dresse un portrait sans complaisance de celui qui en fut le mémorialiste.

23 mai 2009


« Survivre dans la jungle civilisée » est un Essai de stratégie à usage personnel, de Bernard Nadoulek publié par Eyrolles, (avril 2009). Bernard Nadoulek l'un des meilleurs spécialistes français dans le domaine du management interculturel livre ici une série de fables animalières décrivant les stratégies et tactiques à mettre en oeuvre dans l'entreprise. L'ouvrage est complété par un lexique qui précise les différentes notions fondamentales utilisées dans l'ouvrage.

L'auteur se propose de répondre à la question suivante Mais comment lutter à court terme quand le climat se dégrade dans les entreprises et que la moindre erreur individuelle, réelle ou supposée, peut faire de vous une victime potentielle ?

Le lecteur pourra lire sur le site de B. Nadoulek des extraits de son livre distrayant et instructif des comportements animaliers de nos cadres d'entreprise.


08 mai 2009



Yvonnick Denoël retrace trois grands événements , qui en 1979, firent basculer le Monde. Le renversement du Shah d'Iran, la prise d'otage de la Mecque puis l'invasion soviétique en Afghanistan.
L'année 1979 a constitué une date charnière, et les conséquences de cette évolution sont encore perceptible sà l'heure actuelle. La crise en Iran comme l'enlisement américain actuelle en Afghanistan prennent leur source dans cette année tragique.
L'auteur aurait pu ajouter la décision à la fin de l'année 2009 de l'OTAN de déployer les missiles Pershing qui marquait la détermination de l'Occident de se défendre devant les ambitions de l'URSS. Une attitude qu'allait confirmer Ronald Reagan.
L'ouvrage se lit aisément, le lecteur peut regretter l'absence de certaines sources comme lorsque l'auteur affirme que l'aide américaine en faveur des insurgés afghans commença avant l'intervention soviétique de 1979. Un point qui méritait davantage d'éclaircissement. Mais l'ouvrage a le mérite de rappeler les événements tragiques de cette année 1979 qui ont dessiné le monde présent

29 mars 2009


La géopolitique est à la mode.
Boudée, voire rejetée des décennies durant, après avoir été mise à l'honneur par l'impérialisme des IIe et IIIe Reich allemands, elle prend sa revanche : tout un chacun en fait depuis les années 1990 comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, et l'accole à n'importe quelle dimension de la vie ou presque. Dans ce foisonnement, on trouve le meilleur comme le pire, au risque du galvaudage ; si tout peut être estampillé " géopolitique ", rien ne l'est réellement.
Pour le néophyte ou pour le lecteur averti, Frédéric Encel présente ici avec rigueur et clarté les concepts clés de la discipline : les frontières et la souveraineté, les rapports de force et la puissance, les opinions publiques et les représentations, la guerre et la paix. Ce faisant, il prône le rejet du cynisme et dessine une géopolitique à visage humain.

30 janvier 2009


L'ouvrage d'Aymeric Chauprade est à lire, il apporte un air vivifiant dans le milieu de la Géopolitique et des relations internationales. Cette Chronique du choc des civilisations porte un regard original sur les principales crises politiques actuelles.
Un point de vue en faveur de la Russie et du Monde arabe qui tranche avec les discours américanophiles des élites européennes. Les positions de l'auteur sont assumées par un raisonnement juste et pertinent, même si les premières pages consacrées au 11-Septembre méritaient sans doute un développement plus long. Aymeric Chauprade semble donner un certain crédit aux thèses conspirationnistes, en accordant un long texte à leur discours. Les illustrations et la cartographie rendent fort utile et instructif cet ouvrage.

12 janvier 2009

Avec L'aventure américaine en Irak, Thomas Ricks relate le processus de décision politique qui amena le président Bush à engager plusieurs milliers d'Américains dans la bataille d'Irak.
l'auteur dépeint un gouvernement américain où les plus résolus comme Donald Rumsfeld veulent dès 2001, renverser Saddam Hussein. L'ouvrage brosse un portrait peu flatteur de l'équipe de george Bush et permet de saisir le processus de décision et ses failles qui amena à la décision de mars 2003.

07 décembre 2008


Cette jeune maison d'édition vient de réaliser un ouvrage qu'il convient de saluer. Comparable au moins dans l'esprit au désormais classique Mondes rebelles, Guerres d'aujourd'hui est rédigé par de véritables spécialistes du sujet traité comme P. Luizard pour le chapitre consacré à l'Irak. Les grandes crises contemporaines sont expliquées sans schématisation excessive et plusieurs scénarios de sortie de crise sont ensuite évoqués.

Voici donc un ouvrage utile pour comprendre ce triste monde en guerre !



Cet ouvrage a l’ambition de les présenter et d’expliquer de manière concise les confl its de forte intensité avec lesquels nous vivons et dont nous sentons en permanence les répercussions en 2008-2009 : confl it israélo-palestinien, Irak, Afghanistan, Darfour…ses acteurs, leur histoire, l’état des négociations et surtout, c’est la nouveauté, notre propos est de mettre l’accent sur les différentes solutions qui pourraient les résoudre, illustrées par des cartes.

Ecrit par les plus grands spécialistes européens, américains et arabes, acteurs ou témoins privilégiés de ces guerres (Pierre Jean Luizard, Robert Malley, Barnett Rubin, Henry Laurens, Andrew Fisher, Bernard Hourcade, Ghassan Salamé, personnalités de l’ONU, …) Chercheurs de l’Institut de Relations Internationales, de l’International Crisis Group et de la New York University, de Think-tanks américains entre autres. Les « solutions » envisagées seront subjectives et pragmatiques.

Le Tibet existe-t-il ? Faut il craindre un Iran nucléaire ? Peut-on résoudre le confl it israélo-palestinien ? les Etats-Unis doivent-ils retirer leurs troupes d’Irak ? Doit on inculper le président du Soudan avant de conclure un véritable accord de paix au Darfour ? La communauté internationale peut-elle encore réussir en Afghanistan et comment ? Voici quelques unes des questions auxquelles tente de répondre ce livre.

16 novembre 2008


Août 2007, deux sous-marins déposent le drapeau russe par 4 200 mètres de fond. Le monde découvre que la bataille du Grand Nord a commencé. Ses enjeux sont à la fois économiques, environnementaux et stratégiques. En libérant de nouveaux passages maritimes, la fonte des glaces polaires donne accès à des réserves gigantesques de pétrole, gaz, or, diamants et minerais rares. La course de vitesse pour leur contrôle et leur exploitation est d'autant plus âpre que le découpage des frontières entre Etats-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège est loin d'être abouti, tandis que Chinois, Japonais et autres Européens sont en embuscade. Cette ruée vers le toit du monde s'effectue dans des zones hautement stratégiques depuis la guerre froide, aujourd'hui devenues point d'appui principal du bouclier antimissile américain. Devant des peuples circumpolaires à l'avenir improbable, se déroule la première bataille planétaire de la mondialisation.

19 octobre 2008




La Russie demeure un acteur énergétique de premier plan. Son sous-sol contient de l’ordre de 6,6 % des réserves mondiales de pétrole et le tiers de celles en gaz. Depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, la manne pétrolière nourrit une forte croissance du PNB (6,7 % en 2006, après 6,4 % en 2005 et 7,1 % en 2004). Le secteur des hydrocarbures représente 60 % des exportations de la Russie.

Roumiana Ougartchinska livre dans cet ouvrage une analyse et un récit des relations énergétiques entre la Russie et les Occidentaux. L'ouvrage commence à l'époque de la Guerre froide, au milieu des années 1980 et relate la diplomatie du gaz de Moscou jusqu'à l'époque contemporaine.

30 août 2008























Marc Boulet, est un journaliste atypique. Depuis ses premiers récits voici vingt ans, en Chine et en Inde (Dans la peau d'un Intouchable), il emmène le lecteur découvrir de l'intérieur, en se déguisant, des sociétés étrangères.
La vie en Jaune est le récit d'un voyage en Chine, non pas une analyse théorique mais une narration des misères et des espoirs de la société chinoise. A la différence de nombre d'experts, Marc Boulet est sinophone, et marié à une Chinoise, ce qui lui permet de retranscrire au mieux les contradictions de la Chine contemporaine. Il en ressort un livre vivant, parfois pessimiste sur ce grand pays.

Le blog de marc Boulet

- Bibliographie de Marc Boulet

  • Dans la peau d’un Chinois, éditions Bernard Barrault, 1988.
  • Le ventre de la Chine, éditions Bernard Barrault, 1990.
  • Dans la peau d’un intouchable, éditions du Seuil, 1994.
  • Ma famille chinoise, éditions du Seuil, 1998.

27 mai 2008




Après la publication voici vingt ans de Fronts et Frontières de Michel Foucher (fayard, 1988), cet Atlas géopolitique des frontières maritimes vient combler un oubli, l'étude des frontières maritimes.

Unique étude en langue française sur ce sujet, cet ouvrage richement illustré ne se contente pas de proposer une cartographie précise et remarquable. L'analyse et la réflexion livrent au lecteur une information claire et détaillée en abordant les questions politiques et juridiques relatives à la délimitation des espaces maritimes : mer territoriale, zones sous juridiction (zone économique exclusive, zone de pêche, zone de protection écologique, plateau continental). Il évoque la genèse du droit de la mer, la position des Etats côtiers ainsi que les méthodes de délimitation et fait une revue exhaustive de toutes les mers et de tous les océans, en insistant particulièrement sur les zones de conflit (Méditerranée, mer de Chine Méridionale, différends entre la Chine et le Japon, etc. .). Les enjeux économiques (gestion de la pêche, pétrole, gaz, nodules et sulfures polymétalliques) et la dimension géopolitique du trafic maritime des hydrocarbures font l'objet de développements particuliers. Les aspects environnementaux : protection du milieu marin, régime des fonds marins, hydrothermalisme sous-marin, régime de l'Antarctique et des mers australes sont également traités, de même que les développements récents de l'extension du plateau continental au-delà de deux cents milles nautiques.

L'ouvrage comprend une centaine de cartes originales en couleur représentant les différents espaces maritimes avec leur bathymétrie, les problèmes de délimitation et les contentieux. Les aspects techniques des délimitations font l'objet d'une description illustrée de cartes et graphiques.

Ce travail inédit constitue une base essentielle de réflexion pour les questions géopolitiques liées à la mer. Sa lecture est indispensable.

20 avril 2008


Le "système de production Toyota" est désormais connu dans le monde entier. Il a fait des émules et ses méthodes de management sont présentées comme un des éléments de la réussite incontestable du groupe automobile japonais. Pourtant, ce succès industriel ne se fait pas sans "casse" humaine. Kamata Satochi, journaliste d'investigation japonais, s'est fait embaucher pendant plusieurs mois sur une chaîne de Toyota. Toyota, l'usine du désespoir est le journal qu'il a tenu pendant cette période. Stress, maladies professionnelles, suicides : cela se passait en 1976. Cela se passe toujours aujourd'hui. Kamata Satochi nous montre l'envers du décor du miracle Toyota.

Premier producteur mondial d'automobiles, Toyota est également le plus rentable. Quel est le secret de cette réussite exceptionnelle, souvent présentée comme un modèle ? Pour le comprendre, il faut se rendre avec l'auteur au coeur du système Toyota, dans les usines de Nagoya au Japon. Au fil de ce document, véritable journal autobiographique, Kamata Satochi relate son expérience quotidienne d'ouvrier intérimaire sur les chaînes de montage. Dans ces usines, les plus performantes du monde, c'est le règne de la fatigue et du stress provoqués par l'augmentation constante des cadences de production et les horaires variables dûs à la flexibilité de la production. Le travail en équipe, présenté comme un progrès, fonctionne en fait comme un redoutable mécanisme de pression exercé par les ouvriers entre eux. Les changements de poste fréquents, décrits comme un élargissement des compétences, alimentent le stress et les risques d'accidents. L'augmentation continue de la productivité, le fameux "système de production Toyota", peut engendrer maladies professionnelles, accidents et, dans des cas extrêmes, suicides. La titularisation éventuelle des intérimaires sert de levier pour réduire leurs protestations dans un système qui laisse peu de place aux syndicats.

A l'usine Toyota de Valenciennes, dans le Nord de la France, comme au Japon et partout dans le monde, les méthodes de management de type Toyota dopent les profits des entreprises. Sans souci du prix payé par les travailleurs.

30 janvier 2008


L'Iran des mollahs a décidé d'accéder au rang de puissance nucléaire. L'Occident lui conteste ce droit. Mais le contentieux est lourd...L'auteur nous révèle ici l'histoire cachée des soixante-dix dernières années. Sait-on que, à la fin de la Ille République, la France avait tout pour être la première puissance nucléaire du monde, et pourquoi elle a perdu ses chances ? Sait-on comment elle a tenté de rattraper son retard en oeuvrant avec l'État d'Israël ? Sait-on enfin comment, avec la complicité des Occidentaux, l'Iran et l'Irak ont failli détenir la bombe depuis longtemps ? Mais Israël et les États-Unis ne l'entendent pas de cette oreille. Ils pourraient même prendre le risque de déclencher le feu nucléaire à titre préventif..

13 janvier 2008


Cette nouvelle livraison du rapport Antheios analyse l'émergence des Nouvelles puissances, un peu parfois occultées dans l'actualité internationale, comme l'Inde, le Brésil ou l'Afrique du Sud mais qui dessinent l'économie du XXIè siècle.
Fidèle à l'esprit de la collection Major, l'ouvrage est particulièrement lisible et intéressant, détaillant les fondements et les atouts de ces puissances émergentes. Un ouvrage indispensable.

08 janvier 2008

l y a quatre ans, Barack Obama était un inconnu. Aujourd’hui, il est un candidat sérieux à la Maison-Blanche, challenger de Hillary Clinton aux primaires démocrates après une victoire éclatante dans l'Iowa. Comment ce fils d’un Kenyan immigré et d’une Américaine blanche du Kansas, issu d’une famille modeste, peut-il aujourd’hui prétendre à devenir le chef de la première puissance mondiale ? A 47 ans, ce juriste brillant, devenu en 2005 le seul sénateur noir des Etats-Unis, est décrit, y compris par ses adversaires, comme l’homme politique le plus charismatique depuis John F. Kennedy. Quel a été son parcours ? Quelles sont ses motivations ? Qui est ce « candidat de charme » ? Obama illustre-t-il le passage d’une Amérique « en noir et blanc » à une Amérique métissée ? Derrière chaque anecdote d’une vie qui se déroule comme un roman, un pan de la société contemporaine se dévoile : les rapports à la religion, la question de l’identité, le fonctionnement de la démocratie et celui du système électoral, la guerre en Irak. L’élection présidentielle de 2008, que les journalistes ont décrite comme celle des incertitudes, sera également celle de tous les possibles. Peut-on envisager un ticket Clinton-Obama, double symbole de l’évolution de la société américaine ? L’avènement d’Obama transformerait profondément cette société et avec elle l’image que l’on s’en fait dans le monde. Transcendant les traumatismes post-11 Septembre, il exprime pour des millions de citoyens l’identité multiple qui est aussi la leur. Par la pluralité de ses origines, il annonce le dépassement du « choc des civilisations » cher aux républicains. Comment réagiraient les Africains si celui que nombre d’entre eux considèrent comme un des leurs accédait à la présidence de la première puissance mondiale ? Quelle serait la réaction du Proche Orient si ce chrétien dont le père et le grand-père étaient kenyans et musulmans et dont le deuxième prénom est Hussein, entrait à la Maison-Blanche ? Enfin, parce qu’il est celui qui est le plus en rupture avec Bush, Obama entend se poser comme le mieux à même de réconcilier la France et les Etats-Unis. L’« obamania » aurait-elle déjà gagné la France ?

L'Amérique de Barack Obama est la première biographie française du jeune sénateur noir américain candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle.Elle permet de saisir les enjeux actuels et les débats qui sont au coeur de la campagne électorale : guerre en Irak, système de santé, questions raciales et religieuses. Porteur de l'espoir de ceux qui croient en une Amérique vraiment démocrate, Obama est le véritable challenger de Hillary Clinton. Il est celui qui attire le plus de donateurs, petits et grands - signe d'une évolution en profondeur de la société américaine. Son succès aux caucus de l'Iowa montre qu'il fédère un électorat à la recherche d'un changement véritable.

02 décembre 2007



Cet Atlas du dessous des cartes est un outil indispensable pour tous ceux, curieux ou étudiants sont soucieux de mieux comprendre les soubresauts de notre monde. Prolongeant le premier atlas publié l'année passée et fort de son succès légitime, cet nouvel opus aborde des thèmes géopolitique et économique comme les nouvelles puissances émergentes. L'iconographie comme la cartographie en font un ouvrage très agréable à lire.

25 novembre 2007


Un constat malheureux s’impose aux observateurs : La France s’intéresse très peu à l’Inde. Alors que les études consacrées à la Chine sont légion et de qualité inégale, peu d’ouvrages de référence sont publiés en langue française. Si l’Inde a bien été à l’honneur du dernier salon du livre à Paris au printemps 2007, sa culture comme son histoire demeurent profondément méconnues. L’image de l’Inde en France se résume aux stéréotypes des bidonvilles de Calcutta, aux castes ou bien encore aux saris colorés. Ce désintérêt de la France pour l’un des principaux marchés émergents se révèle par les chiffres. En 2006, l’Inde n’a représenté que 0,68 % des exportations et 0,6 % des importations de la France. Certes l’interprétation des chiffres peut être appréciée de plusieurs manières. Ce commerce bien que faible connaît une progression significative, puisque la valeur des échanges entre la France et l’Inde a été multipliée par deux depuis 2004;

La revue de l'Inde permet de mieux saisir les facettes multiples de cette civilisation indienne.

17 novembre 2007


L'Union indienne, comme le Pakistan malgré sa modification par l'émancipation en 1971 du Bengale oriental devenu Bengladesh, a fêté ses 60 ans. Sous cette apparente jeunesse, se retrouve un bouillonnement de civilisations, mais aussi de périls pour la stabilité mondiale. L'Asie du Sud s'articule autour de ces deux pays issus de la partition de 1947. Tous deux sont dotés d'armements nucléaires - en dehors des normes prévues par le Traité de non-prolifération de 1968, qu'ils ont l'un et l'autre refusé de signer. Tous deux sont adversaires pour ne pas dire ennemis. En 1949, 1965 et 1971, ils se sont livrés trois guerres, sans compter les escarmouches, comme celle de 1987, mais aussi celles de la période 1999-2002. Sur le pourtour des frontières, trois pays limitrophes déchirés par des guerres civiles, ethniques et religieuses : le Sri Lanka, le Bangladesh et la Birmanie, et un quatrième en proie au délire maoïste, le Népal. Pour compléter le voisinage : l'Iran islamiste et la Chine, encore officiellement communiste. Le premier s'acharne à se procurer un arsenal nucléaire illégal, la seconde consacre le profit de sa croissance économique effrénée à une croissance militaire et nucléaire sans égale. Chine et Inde se sont combattues en 1962 et leurs revendications de parcelles de territoires se poursuivent, mais sont heureusement traitées désormais au niveau diplomatique. L'Inde fut longtemps ignorée par l'Occident qui ne se souciait que de la Chine, partenaire d'une alliance à revers lors de la guerre froide, puis marché et industriel gigantesque de la mondialisation. Pourtant, l'Inde apparaît aujourd'hui comme un pivot essentiel de l'histoire asiatique et mondiale. La comprendre nécessite de plonger dans son histoire, depuis l'origine des nombreuses religions qui s'y mêlent, jusqu'aux péripéties qui ont fait d'elle une nation nucléaire.

11 novembre 2007


L'ouvrage d'Alexandre Astier est une synthèse très agréable à lire, de l'histoire de l'Inde et de ses fondements culturels et historique. L'Inde, puissance émergeante du monde actuel, fascine et séduit. Pour mieux la comprendre, ce guide propose une synthèse originale de l'histoire et de la civilisation du pays. Pour chaque période, il dégage : les événements politiques, les caractéristiques religieuses, les grands aspects de la vie économique et sociale et les principales réalisations culturelles.

Pédagogique, clair et vivant, il constitue un outil pratique de découverte, pour s'instruire, rêver et voyager !

02 novembre 2007


Le processus de mondialisation a pris, depuis les années 1990, une dimension et une notoriété nouvelles. Toutefois, ses racines plongent profondément dans l'histoire du monde : dès avant 1914, les civilisations, les peuples et les continents avaient initié le grand rapprochement auquel nous assistons aujourd'hui.

Après avoir présenté les grandes aires culturelles de notre planète, ce livre propose de se pencher sur 100 évènements qui ont marqué l'histoire de la mondialisation, de l'expédition d'Alexandre le Grand à l'ouverture du canal de Suez, de la découverte de l'Amérique à la mise en place du système métrique.

Destiné au grand public, cet ouvrage vient également compléter les enseignements de culture générale en classes préparatoires, en facultés de droit et d'histoire ou dans les formations de médiation culturelle.

25 octobre 2007


Voici comme chaque année, la publication du Rapport Ramsès publié par l'Institut français des Relations internationales (IFRI). Un ouvrage de synthèse et de réflexion consacré à l'actualité internationale au sens large tant diplomatique que économique. Un ouvrage où les meilleures spécialistes exposent et expliquent les grandes évolutions géopolitiques de demain.

18 octobre 2007


Emmanuel Pierrat est né en 1968. Il est avocat au barreau de Paris et dirige un cabinet spécialisé en droit de la propriété intellectuelle.

12 octobre 2007


« Dans toute la mesure de mes forces et de mes connaissances, je conseillerai aux malades le régime de vie capable de les soulager et j'écarterai d'eux tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible ». Le serment d’Hippocrate, prêté autrefois par les médecins, conserve dans son esprit, toute sa pertinence pour de nombreuses autres professions médicales et paramédicales, au premier rang desquelles le métier d’infirmier. Car c’est bien de métier qu’il faut parler. Être infirmier(e), ce n’est pas seulement exercer une compétence, mais aussi embrasser une vocation. Dur, technique, exigeant, le métier l’est assurément. Pourtant, il continue à susciter toujours autant d’enthousiasme. Et les raisons ne manquent pas !

Une profession dure mais plébiscitée

Aujourd’hui, un peu moins de 450 000 infirmiers et infirmières – surtout infirmières ! Elles représentent plus de 85 % de l’ensemble des infirmiers – exercent en France. Les facettes de la pratique des soins infirmiers sont certes diverses : d’abord les activités à l’intérieur de l’hôpital (chirurgie, urgences) mais aussi les consultations dans les dispensaires, ainsi que dans le cadre de la santé scolaire ou de l’entreprise ; ensuite au terme de quelques années d’exercice, il est possible de choisir un statut d’infirmière libérale à moins qu’entretemps, les sirènes de l’action humanitaire n’aient eu raison de l’envie d’aventure au service des autres, aux confins d’espaces déshérités...Quel que soit le lieu et le statut, un point commun unit les membres de cette profession : le souci de soigner autrui avec un haut degré de compétence. On comprend que chaque année, près de 200 000 candidats en moyenne se présentent pour entrer dans l’un des Instituts de formation en soins infirmiers.

Cet ouvrage Tout-en-un prépare à l’ensemble des épreuves des concours d’entrée aux IFSI.

Sont étudiées successivement les méthodes générales à appliquer, des rappels essentiels en langue française, les thèmes de culture générale à maîtriser, les méthodes de résolution des tests psychotechniques et les conseils relatifs à l’oral. Des exercices d’entraînement corrigés pour chaque type d’épreuve complètent l’assimilation. Des annales corrigées récentes confirment le candidat dans son acquisition des réflexes.

07 octobre 2007


Depuis de nombreuses années le magazine Foreign Policy, publié aux Etats-Unis par la très respectée Fondation Carnegie, propose à ses lecteurs des analyses éloignées des influences partisanes afin d’aider à percevoir le monde et ses leaders tels qu’ils sont. L’édition française de Foreign Policy,, s’inscrit naturellement dans cette philosophie. Mais elle n’est pas la simple traduction de la version originale américaine. Lancée et réalisée par une équipe française, elle propose dans ses colonnes les meilleures contributions de l’édition américaine ainsi que les analyses et articles d’auteurs français et européens, spécialistes reconnus.

30 septembre 2007





L'ouvrage de Franck Daninos est une histoire contemporaine de l'Amérique à travers le prisme de la CIA. L'auteur retrace l'histoire et notamment la naissance tumultueuse de l'Agence après la Seconde Guerre mondiale jusqu'au lendemain du 11 septembre 2001.
Le récit est minutieux et à la lecture de l'ouvrage de F. Daninos, le lecteur peut se poser la question : Comment l'Amérique a t-elle pu vaincre le communisme tout en traitant avec suspicion ses propres services de rensiegnement, l'amenant même comme sous Jimmy carter à les priver de moyens d'action ?
Le débat est là dans l'Amérique démocratique, tout pouvoir doit être contrôlé et la CIA, pouvoir jugé occulte ne pouvait suciter que la curiosité et la fascination.

Voici ce que l'auteur écrit :

On voit sa main partout, dans tous les coups, surtout les plus tordus. » Lorsque Kissinger rend visite, en 1971, au Premier ministre chinois Zhou Enlai, ce dernier lui demande si la CIA est impliquée dans des actions subversives contre son gouvernement. Kissinger lui dit qu’il « surestime largement les compétences de la CIA ». Zhou insiste : « Les officiers de la CIA sont le sujet de discussion dont on parle à travers le monde.Quels que soient les événements, on pense qu’ils ont quelque chose à y voir… » Ce constat est toujours d’actualité. Elle cumule les superlatifs, les idées reçues, mais aussi les paradoxes. Qu’est-ce donc, au fond, que la CIA ? Qui la contrôle ? Quel est son rôle dans la politique américaine ? Son soixantième anniversaire est l’occasion de se plonger dans l’histoire du plus célèbre des services de renseignement. Et de faire la part entre mythes et réalité. Fourmillant d’anecdotes, ce livre est le premier, en langue française, qui retrace l’histoire de la CIA depuis ses racines les plus anciennes jusqu’à l’époque actuelle. Il met l’accent sur l’évolution de son image, son rôle politique et ses liens avec la Maison Blanche, à l’aune des archives récemment déclassifiées. Celles-ci éclairent de nombreux épisodes de la guerre froide, comme les opérations secrètes sous le sol de Berlin ou les connexions avec d’anciens nazis, tel Adolf Eichmann.

24 septembre 2007


L’Union européenne avec 27 membres, depuis l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie constitue le premier marché de consommateurs dans le monde (près d’un demi-milliard de personnes) et en terme de PNB, le deuxième espace économique après l’Alena. Depuis l’élargissement de l’Union en mai 2004 puis en janvier 2007, aux pays de l’Est, les distorsions économiques se sont fortement accrues. Entre la Bulgarie et le Luxembourg, le revenu par habitant varie de 1 à 7,5.

Les frontières de l’Europe suscitent d’innombrables débats. Par convention et dans l’esprit du Général de Gaulle, l’Europe dans sa frontière orientale devait s’arrêter à l’Oural en Russie. Une limite somme toute théorique puisque la chaîne de montagnes de l’Oural ne dépasse pas 1 894 m, une altitude plus basse que les sommets des Alpes et des Pyrénées, que nul ne considère pourtant comme des frontières. Mais les limites méridionales de l’Europe ne sont pas plus clairement établies.

L'Europe est à la croisée des chemins: certes les Etats européens procèdent progressivement à des abandons de souveraineté, mais sans les transférer à un acteur politique européen souverain, dont on connaîtrait les frontières et la forme finale. On peut encore se demander légitimement avec Slavoj Zizeck, mais "Que veut l'Europe?". Partant de ce constat, sous l'égide du Forum Carolus, un groupe de personnalités de premier plan a développé une réflexion prosprective de nature à remédier "l'absence européenne"

Cet ouvrage est une synthèse des mesures qu'il faut engager comme réformes afin de sortir de l'enlisement institutionnel depuis le "non" français de mai 2005

16 septembre 2007


Le système éducatif français est en grande partie fondé sur le primat de la méthode et du brio intellectuel. Quand les Anglo-Saxons attachent une importance capitale au développement de la personnalité à travers le sport ou l’engagement associatif, l’esprit français accorde toujours sa préférence aux activités purement intellectuelles. À la pratique, on préfère la théorie, à l’exemple, l’idée. Le corollaire de cette tradition scolaire française consiste en une prédilection pour le formalisme et l’apparence : l’enseignement, le type d’exercices proposés, la structure des devoirs comme leur présentation témoignent d’un souci égal du fond et de la forme. Ainsi, les épreuves universitaires ne valident pas seulement l’assimilation de connaissances mais aussi l’application d’une méthode.

En effet, contrairement à une idée reçue, la seule connaissance ne saurait suffire à garantir la réussite au concours. Accumuler dans sa tête des bribes puis des monceaux d’économie, de droit, de finances publiques, d’histoire ou de littérature n’est pas le chemin le plus direct vers l’entrée dans la fonction publique. Plus qu’une somme encyclopédique de notions empilées, il est requis du candidat une aptitude à raisonner. Le jury sélectionne par la capacité à organiser, trier, argumenter, analyser ou synthétiser : la connaissance n’est qu’une partie de la note. C’est bien à ce titre que dans la plupart des concours figure toujours une épreuve de méthode. En somme, l’administration cherche d’abord une tête bien faite.


La particularité de cet ouvrage est d’offrir dans un seul tome, les méthodes de huit épreuves présentes aux concours de catégorie A et B. Non seulement il paraît plus pédagogique de prodiguer les mêmes conseils à des endroits différents afin d’encourager le candidat à les mettre enfin en application, mais de plus, il nous semble plus encourageant et honnête de réunir dans un seul livre, des méthodes dont le candidat aura de toute façon besoin pour un seul concours ou un groupe de concours.


L’épreuve de géographie économique est présente à la plupart des concours administratifs de catégorie A et B soit sous la forme de QCM, ou de dissertation.

Le candidat doit maîtriser parfaitement les savoirs fondamentaux de la matière, mais également être en mesure d’articuler sa réflexion. Pouvoir cerner la problématique, construire un plan et développer un raisonnement.

Cet ouvrage clair et pédagogique présente de manière exhaustive les thèmes à connaître pour réussir une telle épreuve. Ce manuel conforme au programme exigé aux concours de catégorie A et B est un outil indispensable pour se préparer efficacement.

05 septembre 2007


Né au Caire, Masri Feki est analyste politique, il vient de publier aux editions Studyrama, l'Axe irano-syrien.
Le thème de l'ouvrage peut sembler austère, mais Masri Feki, fin connaisseur de la région présente et explique les différences comme les ressemblances entre les deux principaux régimes politiques de la région, leurs ambitions et leur évolutions possibles.


Voici ce que l'auteur écrit :
Le contexte international de l’après 11 septembre 2001 a contribué au rapprochement de deux Etats « parias », classés sur la liste noire de la communauté internationale qui les accuse de soutenir des organisations terroristes, de violer le droit international et de déstabiliser le Moyen-Orient.

Accumulant des déceptions idéologiques semblables et nourrissant des ambitions nationalistes comparables, l’Iran et la Syrie partagent de nombreux intérêts.

Malgré les fortes pressions extérieures, ces deux pays ne font pas d’efforts particuliers pour se réformer et coopérer alors qu’ils sont au coeur du remodelage ambitieux de la région conduit par l’Amérique républicaine et ses alliés.

Mais ont-ils vraiment les moyens de continuer à faire cavaliers seuls ?

Essentiellement portée sur la politique étrangère, cette alliance stratégique contribue depuis peu à la bipolarisation du Moyen-Orient.

Un bras de fer oppose désormais l’axe irano-syrien au « camp arabe pragmatique », avec pour théâtre l’Irak, le Liban et les Territoires palestiniens.

29 août 2007


L'Appel de l'Inde de Michel Testard est l'un des meilleurs ouvrages consacrés à l' économie de l'Inde, publié à l'heure actuelle en Français.
L'auteur d'emblée affirme que son travail n'est pas une fresque historique mais le recit d'une très longue pratique des affaires en Inde, un pays encore peu connu en France.

En Occident, l’Inde reste associée à des images surannées de misère et d’archaïsme social. Si la pauvreté demeure une réalité (le tiers de la population vit avec moins d’un dollar par jour), dans l’ombre de la Chine, l’Inde connaît depuis une dizaine d’années, un développement économique significatif. Les chiffres sont éloquents, depuis l’an 2000, le PNB a augmenté de 50 % et le taux de croissance en 2005, s’établit à 7,5 %. Déjà en deux décennies, l’Inde a su devenir un acteur clé dans l’industrie pharmaceutique et informatique.

Michel Testard a le mérite d'avoir rédigé ici un livre pédagogique, vivant ou l'explication sociologique permet de mieux cerner la complexité de la société indienne. Les rares ouvrages sur l'économie indienne sont soit trop succincts, soit se limitent à de simples généralités. L'Appel de l'Inde comble un véritable manque et constitue sans nul doute une référence dans son domaine.

29 juin 2007






Géoéconomie est une revue trimestrielle consacrée à l'étude des stratégies économiques internationales, aux questions liées à la mondialisation, à l'analyse des forces et des enjeux économiques qui sous-tendent les relations internationales.

Le numéro d'été est consacré à l'évolution du bassin de la Méditérranée.

09 juin 2007


L'ouvrage de Philip Short est le récit de l'un des plus grands criminels de la fin du siècle dernier, Pol Pot, l'inspirateur de la folie criminelle qui mena au génocide au Cambodge.

Pol Pot a dirigé l'un des régimes les plus énigmatiques et les plus meurtriers du XXe siècle. Sous les Khmers rouges, plus d'un million de Cambodgiens ont péri, victimes d'un véritable crime contre l'humanité, leur pays transformé en un gigantesque camp de concentration. Philip Short retrace ici la vie de celui qui a été le maître d'oeuvre de cette entreprise sanguinaire : sa jeunesse paysanne, ses études médiocres, l'influence du bouddhisme, son séjour à Paris (dont l'importance a été longtemps ignorée) et la découverte du marxisme, son habileté politique, la guérilla, la prise du pouvoir, l'asservissement de son peuple, sa chute et, enfin, ses dernières années au fond de la jungle. Cette biographie repose en grande partie sur des sources inédites et notamment sur plusieurs centaines d'heures d'entretiens avec d'ex-Khmers rouges, y compris les plus proches compagnons de Pol Pot. L'accès aux archives des partis communistes concernés, une enquête minutieuse menée à Phnom Penh, Pékin, Hanoï, Moscou et Paris, ainsi que le témoignage des anciens dirigeants du régime encore en vie, permettent à Philip Short de jeter une lumière crue sur les mécanismes qui ont conduit en enfer un peuple réputé pour sa grande douceur, faisant de lui une nation d'esclaves bâtie sur des charniers.

20 mai 2007


Depuis le lancement des réformes par Deng Xiaoping en 1978, l’économie chinoise a crû en moyenne de 10% par an. L’année 2004 s’est soldée par une croissance de 9,5%. La Chine est désormais la 6ème économie et le 4ème exportateur mondial. Le XVIème Congrès du PCC a fixé un nouvel objectif ambitieux, le quadruplement du PIB en 20 ans, et la révision constitutionnelle de mars 2004 a énoncé de nouvelles garanties légales en faveur de l’économie privée. La Chine est parvenue à contenir les risques de surchauffe sectorielle apparus fin 2003 par le ralentissement des investissements publics, le contrôle du crédit et les restrictions sur les projets de développement des autorités locales.
Le livre de catherine Coulomb se veut un ouvrage de référence sur l'Histoire et la civilisation chinoise. Il ne s'agit pas d'un livre d'actualité, consacré uniquement au développement économique du pays mais une approche réussie de l'histoire politique sociale et culturelle de ce pays. Un ouvrage audacieux et qui en quelques centaines de page répond à son objectif.

« Voilà, enfin, un bon livre sur la Chine. Un livre solide et complet, qui nous présente, avec compétence mais aussi avec clarté, et d’une plume très alerte, l’histoire, la culture, le mode de pensée, la vision du monde, les ambitions de ce pays que nous considérions comme lointain et qui est devenu, en quelques années, l’un de nos partenaires les plus importants, une des très grandes puissances du monde de demain.
Catherine Coulomb, qui étudie la Chine depuis plus de trente ans, qui possède une connaissance intime de la langue et de la civilisation chinoises, a choisi de faire le lien entre cet héritage et la Chine d’aujourd’hui.
C’est le principal mérite de cet ouvrage que de mettre en valeur les liens qui relient la Chine du présent à son passé, à sa vision du temps et de l’espace, pour expliquer son rapport au monde.
L’auteur a réussi un exploit. Nous donner un ouvrage léger, mais qui fera référence, un ouvrage qui apportera à ceux qui veulent découvrir la Chine une bonne part de ce qu’ils doivent savoir, et rappellera à tant d’autres, qui croient la connaître, des choses élémentaires qu’ils n’auraient pas dû oublier. »
S.E. Claude Martin, ambassadeur de France.

13 mai 2007


Perspectives Chinoises est une Revue entièrement consacrée au monde chinois contemporain qu'elle analyse dans ses aspects socio-politiques, économiques, culturels et littéraires, elle offre une information originale ainsi que des analyses fondées sur des enquêtes de terrain menées par des chercheurs spécialisés.

Ce dernier numéro est ,notamment consacré à la présence de la Chine en Amérique latine. Voici quelques extraits de la contribution de François lafargue


Pendant un demi-siècle la République populaire de Chine n’a porté qu’un intérêt limité à l’Amérique latine, une région où les Etats-Unis exerçaient une véritable hégémonie politique et économique. Cette époque d’indifférence est révolue. Depuis cinq ans, la Chine multiplie les investissements du Rio Grande à la Terre de feu et figure désormais parmi les premiers partenaires commerciaux du Brésil, de l’Argentine et du Chili. Cette présence suscite toutefois inquiétudes et interrogations tant en Amérique latine qu’aux Etats-Unis peu enthousiastes à l’idée de voir Pékin s’immiscer dans cette région. La Chine se heurte aussi aux ambitions de l’Inde, également préoccupée par son approvisionnement en matières premières.

06 mai 2007


Le Siècle de la Chine,
Essai sur la nouvelle puissance chinoise
Pascal LOROT


Nulle puissance, sans prudence, derrière, le Tigre veille le Rat

Pascal Lorot livre ici une analyse de la puissance chinoise. Encore un livre sur la Chine alors ? Pas vraiment. L'auteur présente les atouts et les faiblesses de la Chine avec une réelle pédagogie, en privilégiant les analyses plutôt que les longues descriptions.
L'ouvrage est une synthèse très réussie et manifestement se distingue parmi une littérature abondante.

La Chine fascine, la Chine inquiète, la Chine dérange. Magnétisant le reste de la planète, elle s’affirme comme le nouveau pôle de l’économie-monde. Croissance économique irrésistible, capitalisme d’État, montée en puissance militaire, activisme diplomatique, volonté de capter toutes les ressources disponibles: les conditions sont réunies pour en faire le nouvel Eldorado de ce début de siècle.

Puissante, la Chine est aussi plus fragile qu’elle le paraît. Schizophrénie politique, nationalisme sourcilleux, injustices sociales, problèmes démographiques, désastres écologiques, absence cruelle de démocratie : le prix qu’elle paye pour son développement la menace plus que d’hypothétiques ennemis.

La Chine représente-elle un danger pour la planète ou d’abord pour elle-même ? Pascal Lorot explore ici toutes les composantes de la réussite chinoise, de sa nouvelle puissance mais aussi de ses faiblesses. Avec une lucidité à la hauteur des enjeux.

Docteur en science politique et en économie, Pascal Lorot est président de l’Institut Choiseul pour la politique internationale et directeur de la revue Géoéconomie.

29 avril 2007

Cet ouvrage de Michel Loubry est un guide du management interculturel en europe. L'auteur avec humour et enthousisasme retrace sa longue et riche expérience de salarié européen, confronté aux attitudes et comportements très souvent différents de nos voisins notamment hollandais et espagnol.
Michel Loubry a rédigé un livre à la fois divertissant et très instructif, en expliquant les raisons de ces différences culturelles comme l'influence du calvinisme, ou le rapport avec le temps.
Voici ce que l'auteur écrit :

Pourquoi, lorsqu’un Américain appelle un Français par son prénom, ce dernier se vexe-t-il ? Pourquoi, lorsqu’une Espagnole propose à un Français un dîner à 23 heures, celui-ci pense-t-il aussitôt à la bagatelle ? Pourquoi les secrétaires des PDG danois voyagent-elles en seconde avec leurs patrons qu’elles tutoient, alors qu’en France les patrons voyagent seuls en première ?

Autant de différences multiculturelles que nous devons savoir déchiffrer.

Mélanges et échanges culturels et commerciaux, sociétés qui s’internationalisent, multiplication des voyages ou mariages mixtes, autant d’occasions, dans le monde d’aujourd’hui, de confronter nos us et coutumes à ceux d’autres nations.

Les habitudes culturelles sont comme des langues étrangères : elles ont un vocabulaire, une grammaire, des sous-entendus, des exceptions , et surtout elles peuvent s’enseigner. C’est le but de ce livre, sérieux sans se prendre au sérieux qui, au travers d’anecdotes et de situations ordinaires du monde professionnel ou familial, social ou administratif, décrit puis décode, les différences culturelles qui risquent de mener à des malentendus.

On y trouvera les clés pour une meilleure compréhension de l’autre et plus d’harmonie entre les hommes et femmes cosmopolites qui auront intégré ce vade-mecum.

22 avril 2007



Dans cet ouvrage, le journaliste Jean Luc Hees, qui a vécu plusieurs années aux Etats-Unis relate l'histoire de la Maison-Blanche et de ses différents locataires depuis Washington jusqu'à l'actuel président.
L'ouvrage n'est pas à proprement parlé une Histoire des Etats-Unis, mais plutôt un récit plutôt agréablement bien mis en scène de la vie politique américaine. Ou comment les petites histoires, comme la passion de Nancy Reagan pour l'astrologie détermine la Grande histoire.
Voici ce que l'auteur écrit "Qui n'a jamais rêvé de pénétrer dans le saint des saints, le Bureau Ovale de la Maison-Blanche ? C'est ce que nous faisons en lisant ce livre, tant les connaissances qu'en a l'auteur sont profondes, d'une vérité saisissante. De président en président, de Washington à George W. Bush, en passant par Roosevelt, Kennedy et tant d'autres, nous revisitons dans un souffle deux siècles de passion au sommet de la puissance américaine sans quitter les salons de la fameuse mansion de style sudiste où le pouvoir suprême s'incarne comme nulle part ailleurs. Sous la plume alerte de Jean-Luc Hees, la petite et la grande histoire se croisent, la politique internationale et les futilités de la vie des présidents et de leurs épouses s'interpellent au long des pages. Le sérieux de l'enquête journalistique et historique se trouve mis en valeur par le caractère presque romanesque des personnages saisis aussi dans leur intimité. Ce livre à l'originalité incontestable réussit l'exploit de rendre palpable la réalité d'un pouvoir fort et lointain, dont nous constatons tous les effets dès que nous allumons la télévision ou ouvrons les journaux."

14 avril 2007


Rédigé par le journaliste Patrice Lestrohan, cette biographie d'Edgar Faure fait revivre une personnalité truculente de la vie politique française, qui a traversé la deuxième partie du vingtième siècle sans s'embarasser de fortes convictions idéologiques.

Si Edgar Faure demeure la caricature du "politicien" sans scrupule et sans guère de morale, l'auteur nuance cette observation en soulignant les qualités de négociations et de diplomatie du personnage ce qui lui vaudra d'être nommé Ministre de l'Education nationale en 1968. Si le livre est parfois écrit dans un style journalistique excessif avec des formule toutes faites et des jugements un peu à l'emporte pièce de l'auteur, l'ouvrage se lit agréablement.

Même s'il n'a jamais été président de la République, Edgar Faure (1908-1988) , ami de jeunesse de Pierre Mendès France, longtemps familier de François Mitterrand, aura été l'un des personnages les plus importants de la vie politique française d'après guerre. Il a été deux fois président du Conseil, en 1952 et 1955. Et douze autres fois ministre sous la IVe (aux Finances, notamment) et la Ve. Il est ensuite président de l'Assemblée nationale (1973-1978). Il a été à l'origine d'événements d'importance, comme l'Indépendance du Maroc, et, pour partie, celle de la Tunisie.

02 avril 2007


Comment est né le monde moderne ? Pourquoi l’Europe a-t-elle émergé comme le centre de la planète aux XVIIIe et XIXe siècles ? Cette domination est-elle le résultat d’une « culture » particulière, ou les éléments de modernisation étaient-ils déjà présents sur d’autres continents ?

La fresque magistrale de l’historien britannique Christopher Alan Bayly permet de répondre à ces questions et à bien d’autres. A l’heure où est relancé en France le débat sur la colonisation et son bilan, elle apporte un éclairage inédit et original aux polémiques actuelles.

Ambitieuse, cette étude n’enrichit pas seulement l’histoire en précisant ou apportant faits et événements, elle est en soi un apport majeur à la manière dont on étudie l’histoire. En prenant en compte l’Europe mais également l’Inde et l’Afrique, l’Empire ottoman et le Pacifique, C. A. Bayly ouvre de nouvelles perspectives de recherches et de compréhension de ce que l’on nomme le monde moderne. Avec une grande amplitude spatiale et thématique (politique, philosophique, religieuse), ce livre permet de suivre la naissance du monde moderne dans les différentes régions de la planète.

A l’approche du XIXe siècle, une aspiration à l’égalité et à la liberté se diffuse dans tous les continents et met à mal les régimes en place en les renversant ou les réformant profondément. Si les Etats occidentaux assoient leur domination sur le reste de la planète grâce à des armées plus aguerries et à l’essor en leur sein d’une société civile, leur hégémonie repose aussi sur des circonstances particulières n’ayant rien à voir avec une prétendue supériorité de la « culture judéo-chrétienne ».

Cette vision historique globale permet aussi de remettre en cause de nombreux lieux communs : par exemple que les religions auraient perdu leur place au XIXe siècle, alors que ce fut l’époque de leur renforcement et de leur mondialisation.

Cet ouvrage d’une grande clarté pédagogique analyse comment la modernité est davantage le produit d’une hybridation des cultures et des civilisations que le triomphe des valeurs occidentales.

Christopher Alan Bayly est professeur d’histoire, spécialiste britannique de la colonisation à l’université de Cambridge.

Il a écrit de nombreux ouvrages sur les empires coloniaux, notamment India Society and the Making of the British Empire (Cambridge University Press), et, avec Tim Harper, The Forgotten Armies. The Fall of British Asia 1941-1945 (Penguin, Allen Lane).

La parution de La Naissance du monde moderne en Grande-Bretagne a été saluée comme un événement par la presse britannique et américaine (Newsweek, The Sunday Times, The Daily Telegraph, The Independent).

28 mars 2007

La revue Questions internationales propose des mises en perspective, des synthèses et des analyses qui offrent des clés de compréhension pour les grands thèmes de l'actualité internationale et européenne.

Sa présentation est agréable et pédagogique : les articles sont enrichis par des encadrés, des glossaires, des chronologies, et illustrés par de nombreuses cartes et photographies.

Chaque numéro comprend un dossier sur un thème le dernier numéro porte sur les batailles de l'énergie, avec plusieurs sujets, notamment sur l'Inde et sa dépendance énergétique

18 mars 2007




Bernard LUGAN est docteur en histoire et docteur d'Etat ès lettres, maître de conférence à l'université de Lyon III (université Jean Moulin), où il est, entre autres, responsable du module "Histoire et géostratégie de la francophonie".

Il a très longtemps enseigné et séjourné au Rwanda, sa connaissance de la région lui a valu d'être nommé nommé expert par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda siégeant à Aruscha (Tanzanie), dans le cadre des procés consécutifs aux guerres ethniques de 1994.






Il livre à travers cet ouvrage une contre enquête sur le génocide, accusant les Tustis, de Paul Kagamé d'en avoir été les inspirateurs.
L'attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie aux présidents du Rwanda et du Burundi, tous deux hutu, fut le détonateur du génocide du Rwanda. En 2000, à peine nommée procureur du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda. créé par le Conseil de sécurité de l'ONU), Mme Carla Del Ponte a déclaré : " S'il s'avérait que c'est le FPR (mouvement tutsi dirigé par le général Kagame) qui a abattu l'avion du président Habyarimana, l'histoire du génocide du Rwanda devrait être réécrite. " Elle a été désavouée par l'ONU.
En 2006, après avoir identifié et interrogé plusieurs membres du commando ayant préparé l'attentat, le juge Jean-Louis Bruguière a accusé le président Tutsi Kagame d'en être l'instigateur, puis il a délivré des mandats d'arrêt internationaux contre ses plus proches collaborateurs. L'Histoire du génocide du Rwanda prenait dès lors une toute nouvelle perspective.
Résultat d'une minutieuse contre-enquête reposant sur les immenses fonds d'archives du TPIR et nombre d'autres sources inédites, cet ouvrage réduit à néant tout ce que l'on croyait savoir au sujet de ce génocide. L'auteur met en évidence l'insolite complaisance du TPIR envers le régime du président Kagame. II dénonce le parti pris et les faiblesses scientifiques des experts du procureur, ainsi qu'un acte d'accusation à la fois indigent et clairement aligné sur les thèses de Kigali. Pour la première fois, la grande imposture de la justice internationale est révélée ait grand jour.

10 mars 2007



Enjeux internationaux est une revue trimestrielle indépendante consacrée aux relations internationales, au développement et aux grandes questions politiques économiques, sociales et culturelles globales.
Fournir des clés pour décoder les grandes questions internationales. Aider le lecteur à comprendre les enjeux globaux pour mieux agir en citoyen du monde. Offrir une information de qualité. Fiable, précise, rigoureuse. Telle est l’ambition d’Enjeux internationaux

Pour y parvenir, la revue a choisi, à chaque parution, de traiter en profondeur un thème ou un pays qui ait valeur de symbole, en l’explorant sous ses différents aspects : politique, économique, social, historique et culturel ; de donner la parole à des auteurs du monde entier qui proposeront, d’une même réalité, des lectures croisées (Sud/Nord, chercheurs/hommes de terrain, journalistes/universitaires); de présenter un regard photographique sur les sujets traités. En plus du dossier, enquêtes, reportages, portraits, interviews, analyses et chroniques baliseront le monde pour en exprimer à la fois la diversité et l’unité.

Ce numéro passionnant d'Enjeux internationaux, est consacré à l'émergence de l'Inde, de la Chine et du Brésil.

04 mars 2007


La Russie de Vladimir Poutine, quinze ans après l’effondrement de l’Union soviétique entend être reconnue comme un acteur politique de premier plan grâce à l’arme énergétique dont elle dispose. Pourtant la Russie reste une démocratie particulière ne rassurant guère les Européens de l’Ouest.

La Russie : La montée en Puissance d’un acteur énergétique
La Russie détient 6,2 % des réserves mondiales de pétrole (7ème rang mondial) et le tiers des réserves de gaz (1er rang mondial). Après l’Arabie saoudite et devant la Norvège, la Russie est en 2005, le deuxième exportateur mondial de pétrole. La dépendance de l’Union européenne à l’égard de la Russie tant sur le plan gazier que pétrolier n’a fait que s’aggraver depuis l’élargissement du printemps 2004 à dix nouveaux membres. Si le gaz russe représente en moyenne 25 % de la consommation de l’Union européenne, cette dépendance s’établit à 37 % pour l’Allemagne (contre 21 % en France) et elle est totale pour les Pays baltes et la Pologne. La Russie qui assure également 30 % des importations pétrolières de l’Union reste donc un partenaire énergétique imprévisible. La Norvège, autre fournisseur important en hydrocarbures de l’Union a des réserves qui s’épuisent. Le Moyen orient est une région trop chaotique, pour envisager de nouveaux investissements.

Cet ouvrage publié par les Editions Luc Pire établit une synthèse clair et exhaustive des enjeux énergétiques de la Russie.

25 février 2007


Christian Bouquet est professeur de géographie politique et du développement à l'université Michel de Montaigne. En poste à Abidjan, il a vécu de près la crise politique en Côte d'Ivoire.

Alors qu'on croyait la Côte d'Ivoire à l'abri des turbulences, elle a fini par sombrer dans le chaos. Pour en arriver là, elle a emprunté un chemin singulier, en partie tracé par son père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Mais s'il a creusé le lit de la crise qui corrode son pays depuis sa mort, il ne s'est trouvé personne après lui dans la classe politique ivoirienne pour infléchir le cours de l'histoire. Dans le contexte néo-libéral imposé par les bailleurs de fonds, la rente issue du cacao ne pouvait plus cimenter le melting pot rêvé par le vieux chef. Les tenants du pouvoir se sont repliés à l'intérieur du concept réducteur et xénophobe de l'« ivoirité ».

Dès lors que l'État ne pesait presque plus rien face au FMI et à l'OMC, et que la nation s'attribuait une identité douteuse, la mise en place d'un processus démocratique ne pouvait qu'être chaotique : non respect du pluralisme politique, droits de l'homme ignorés, liberté d'expression bafouée. Sous les yeux incrédules de la France et du monde, le pays fut scindé en deux en septembre 2002. Dans cette étude, l'auteur porte d'abord un diagnostic sur une société malade. Il suggère quelques éléments de réponse à la question : la Côte d'Ivoire va-t-elle mourir ?

Ce livre apporte un éclairage de premier plan sur une situation complexe et qui progressivement s'enlise. A travers la crise en Côte d'ivoire, la France joue le maintien de sa présence en Afrique.

22 février 2007

En cette année d'élections présidentielles, le journaliste François d'Orcival, nous présente l'histoire du Palais de l'Elysée.
Ce roman de l'Elysée nous permet de revivre les heures les plus fastes comme les plus tragiques de l'histoire de France. De sa construction à la période contemporaine, l'auteur dévoile les intrigues et les secrets du Palais. Un ouvrage original, agréablement illustré de photos. Si la période contemporaine n'apporte pas de révélations (notamment à propos deu suicide de François de Grossouvre), la mise en perspective de l'histoire de ce Palais de l'Elysée s'avère fort instructive.

L'auteur présente son ouvrage :

Derrière les murs de l'Elysée bat le cœur de la France. Elle s'y est faite, défaite, refaite. Propriété de la Pompadour, du roi, de l'empereur, avant d'être l'hôtel du président de la République, c'est un palais de pouvoir : " On n'imagine pas tout ce que ses murs ont pu entendre ", dit Bernadette Chirac. Voici un roman où tout est vrai. Celui des épisodes les plus marquants de notre Histoire qui se sont déroulés dans ce palais... Le cabinet où Napoléon prépare son abdication après Waterloo, et la chambre où Caroline Bonaparte recevait ses amants. Les appartements que le tsar Alexandre est venu occuper avec ses cosaques en 1814 et 1815. Les jardins où Louis Napoléon et Morny, les deux fils de la reine Hortense, décident leur coup d'Etat. Le salon dans lequel Félix Faure agonise dans les bras de sa " connaissance ", au temps de l'affaire Dreyfus. Labri souterrain construit par Albert Lebrun avant de fuir Paris le 10 juin 1940. La table ovale du Conseil où le général de Gaulle annonce à ses ministres qu'il reprend le pou-voir le 30 mai 1968. Le PC atomique que Valéry Giscard d'Estaing fait installer pour commander la force de frappe. Le bureau où s'est suicidé François de Grossouvre, dans l'ombre de François Mitterrand. Celui d'où Jacques Chirac a changé la face de la guerre en Bosnie. Sans oublier l'année trouble de Poincaré et l'année noire d'Auriol, les conseils interminables de Coty, les derniers moments de Pompidou, les intérims de Poher et le souvenir de tous les autres. Près de trois siècles d'histoire de France à l'Elysée : grande histoire et secrets d'alcôve, révélations et documents inédits.

16 février 2007


Frédéric Bobin, ancien correspondant du Monde en Chine de 1998 à 2004, propose ici un voyage au sein de la société chinoise. Familier de ce pays, F. Bobin ne propose pas un cours sur le développement de la Chine mais un portrait vivant et parfois émouvant de la société chinoise prise dans les contradictions de la modernité.
Le livre à l'image de celui de Pierre Haski dont nous avions parlé précédemment se lit facilement et permet de suivre un itinéraire de découverte de la Chine à travers les grandes métropoles et les petits villages.
Ce voyage au centre de la Chine est un carnet de voyage pour mieux cerner les ressorts et les faiblesses d'un pays qui conserve encore tout son mystère.

14 février 2007

Dans la collection Géopolitique les Editions Nathan proposent un volume consacré à l'Afrique. les auteurs notamment Roland Pourtier donnent les clés de compréhension du continent noir, les déterminismes historiques, les séquelles de la colonisation comme les marchés potentiels qu'offre le continent noir.
Equilibré, cet ouvrage ne sombre ni dans le discours tiers mondiste, ni dans la négrophobie. une synthèse pédagogique et claire.

12 février 2007


Yves Plasseraud dans cet ouvrage présente avec le souci du détail et de la pédagogie les sociétés baltiques, l'Estonie, la Lituanie et la lettonie, si proches géographiquement et politiquement, (ces trois Etats sont membres de l'Union européenne depuis mai 2004) mais encore méconnues.
Ce livre richement illustré d'une iconographie est l'un des rares en langue française sur un tel sujet, et permet au lecteur de découvrir les richesses de cette région, et notamment Tallin, capitale de l'Estonie, surnommée le Saint malo de la Baltique.

08 février 2007


Cet ouvrage de Jean Morange fait un point synthétique sur la délicate question des libertés publiques.

Les libertés publiques ne se confondent pas avec la Liberté. Elles ne se situent pas à un niveau philosophique ou théologique. Elles n'ont de sens que si elles peuvent être exercées en droit et en fait. Elles supposent que l'Etat reconnaisse aux individus le droit de pratiquer, à l'abri des pressions extérieures, un certain nombre d'activités déterminées. Cet ouvrage expose la conception et le contenu des libertés publiques, individuelles et collectives, ainsi que la manière dont le droit entend les faire respecter. Il montre que les garanties de ces libertés reposent toujours sur le principe de séparation des pouvoirs.

02 février 2007


Cet essai de Pascal Bruckner est sans nul doute, l'un des ouvrages de philosophie politique les plus intéressant de ces dernières années.

L'auteur avec talent et dans un style vif s'interroge sur l'autoflagellation de l'Occident. Pourquoi, depuis 1945, notre continent est-il habité par les tourments du repentir et ressasse-t-il à l’envi les abominations passées, les guerres, les colonies, l’esclavage, l’impérialisme, le fascisme, le communisme ? Pourquoi vivons-nous aujourd’hui cette situation de repentance à sens unique ? L’Europe a certes enfanté des monstres mais elle a du même coup enfanté des théories qui permettent de détruire les monstres. Un réquisitoire implacable et politiquement incorrect par l’auteur du Sanglot de l’homme blanc.

Alors que les associations communataires mendient auprès de la République, subsides et excuses, Pascal Bruckner démontre que l'Occident, comme l'Amérique et l'Europe devraient redresser la tête, être fiers des valeurs.



Voici qce que Paul Paoli écrivait à propos de cet ouvrage dans Le Figaro en septembre dernier :.


PASCAL BRUCKNER a de la suite dans les idées. Voici plus de vingt ans, il dénonçait dans LeSanglot de l'homme blanc, une tendance à la contrition de l'intellectuel européen qui, accablé par des fautes qu'il n'avait pas commises, l'esclavage ou les violences du colonialisme, portait sur ses frêles épaules le faix de la honte de soi. Écrit en 1983, ce livre allait à contresens du pathos ambiant. L'époque était au slogan « touche pas à mon pote » dont la démagogie, sous couvert de « droit à la différence », allait contribuer à générer une sous-culture francophobe, qui a fait florès depuis. Avec La Tyrannie de la pénitence, essai sur le masochisme occidental, Bruckner poursuit sa critique de la jérémiade sur les « crimes de l'Occident » et enfonce le clou par un plaidoyer en faveur de l'universalisme des Lumières. Car le masochisme dont parle Bruckner, ce n'est pas seulement l'excès du repentir, qu'il qualifie de « pathologie de la dette », c'est aussi une tendance à la dénégation de nos traditions ­libérales et républicaines.

Pour Bruckner, les élites européennes n'ont tout simplement plus le courage d'assumer leurs héritages politiques et moraux. Notamment face à la pression venue d'un monde musulman dont les autorités appellent régulièrement les Occidentaux à l'autocritique, mais restent muettes sur les violences engendrées au nom de l'islam, par exemple la colonisation du monde berbère par le fer et le feu, ou encore cet esclavage négrier, qui précéda celui des Européens, et continua après eux : il ne fut aboli en Mauritanie qu'en 1980 !

Les certitudes limitent le dialogueUn authentique échange ne peut se développer, rappelle Bruckner, sans une capacité d'autocritique mutuelle. « Ce processus de remise en cause reste à accomplir pour l'islam, habité par la certitude d'être la dernière religion révélée, donc la seule authentique, disposant du Livre directement dicté par Dieu à son prophète. Il ne se veut pas légataire des confessions antérieures, mais un successeur qui les invalide à jamais. Le jour où ses plus hautes autorités reconnaîtront le caractère conquérant et agressif de leur foi, demanderont pardon pour les guerres saintes commises au nom du Coran, les infamies perpétrées à l'égard des infidèles, des apostats, des mécréants et des femmes, s'excuseront pour les attentats terroristes qui profanent le nom de Dieu, sera un jour de progrès et contribuera à dissiper la suspicion légitime de nombreux peuples vis-à-vis de ce monothéisme sacrificiel », écrit Bruckner.

Fleuri de formules brillantes, le livre de Bruckner butte cependant sur une difficulté. Le fait est que les militants de l'universalisme libéral croient en la supériorité du principe d'autonomie de la raison, qui a généré les droits de l'homme, quand l'universalisme musulman postule le primat de la foi sur la démocratie. Les certitudes de chacun limitent forcément la portée du « dialogue » entre laïcs et religieux, aussi bien intentionné soit-il. L'idée développée par Samuel Huntington dans Le Choc des civilisations sur la relative incommunicabilité des cultures, n'est-elle pas, ici, à prendre en compte ? Celui-ci considère que l'Occident, et notamment les États-Unis, doivent s'abstenir de prétendre « convertir » le monde arabo-musulman à ses valeurs.

Ainsi serait-il plus facile de deman­der, en retour, aux traditionalistes musulmans de ne plus prétendre imposer les leurs, en Occident. Il est dommage que Pascal Bruckner ne se soit pas donné la peine de discuter la thèse du politologue américain, cela aurait donné à son livre une dimension géopolitique concrète qui lui fait parfois défaut.

01 février 2007


Agrégé de géographie, Michel Lextreyt livre ici un somptueux ouvrage, révélant les paysages, l'histoire et la société de la Nouvelle-Zélande. Souvent considérée comme une soeur jumelle de l'Australie, la Nouvelle- Zélande et son grand voisin (plus de 1500 km séparent les deux îles) ont évolué différemment en dépit d'une similitude de peuplement.
L'auteur, qui connait parfaitement son sujet nous présente la société néo-zélandaise, ses contrastes, la place de la minorité maorie et son puritanisme.
L'ouvrage est richement illustrée par une iconographie originale et surtout aborde ce pays, des antipodes sous tous les angles. Si selon toute logique, l'histoire occupe une grande part de ce livre, l'économie comme les évolutions sociales sont abordées en détail.
L'ouvrage d'un auteur enthousiaste qui signe ici l'un des rares livres consacré à la Nouvelle- Zélande en langue française. Un ouvrage remarquable pour rêver et demain découvrir cette île des antipodes.

28 janvier 2007


A l’image des pays d’Asie centrale de l’ancienne Union soviétique, la région du Caucase et de la mer Caspienne est demeurée jusqu'à une date récente ignorée du grand public. La guerre en Tchétchénie a mis tragiquement un terme à cette indifférence.

Cette région du Caucase connaît depuis plus d’une décennie une situation politique particulièrement confuse. Mais le conflit en Tchétchénie qui se singularise par sa violence et sa férocité a occulté d’autres affrontements également meurtriers principalement en Ossétie du nord et au Daghestan. En quinze années, depuis les premières fissures apparues au sein de l’empire soviétique, plus de cent vingt mille personnes auraient péri dans ces conflits territoriaux soit l’équivalent de près de deux fois les pertes américaines au Vietnam.

Mais ces rivalités ne peuvent se résumer à des affrontements ethniques ou religieux s’inscrivant dans un combat séculaire. Certes, la disparition de l’Union soviétique a accéléré le réveil des nationalismes longtemps étouffés comme en Arménie et en Azerbaïdjan. Et la découverte de fabuleux gisements pétroliers et gaziers dans la mer Caspienne n’a fait qu’attiser ces rivalités. Aujourd’hui cet espace d’Asie centrale est devenu le théâtre d’un véritable Kriegspiel.

Viatcheslav Avioutskii livre à travers cet ouvrage sa connaissance approfondie de ce monde du Caucase. L'auteur retrace l'histoire mouvementée de cette région et analyse les raisons de l'intervention russe, où s'entrecroisent, intérêts pétroliers et politique.
Cette Géopolitique du Caucase permettra au lecteur de mieux comprendre les raisons d'un conflit atroce, Viatcheslav Avioutskii livre un bilan effroyable du nombre de victimes, mais un conflit peu médiatisé en Occident.

22 janvier 2007

Sylvain Tesson a parcouru à pied, la région du Caucase et de l'Asie centrale afin de découvrir et nous faire découvrir les nouveaux chemins de l'énergie qui alimentent déjà la Chine et demain probablement, l'Union européenne.

Cet ouvrage n'est pas à proprement parlé une étude universitaire, mais une invitation à mieux connaître une région encore méconnue du public occidental et à réfléchir sur l'énergie. Le récit d'un "Routard du pétrole"

16 janvier 2007

Le dernier numéro de la revue Défense nationale, est consacré aux Stratégies africaines, avec la contributions de chercheurs et spécialistes renommés comme Barthélémy Courmont ou Alain Lamballe.
Ce numéro revient naturellement sur le rôle de la Chine en Afrique, mais également sur la position de l'Union européenne désormais sur le continent noir.
Un dossier qui résume de manière synthétique et clair les principaux enjeux géopolitique du continent africain.

12 janvier 2007





Dans cet ouvrage, Eva Golinger démonte la conspiration menée par les Etats-Unis afin de renverser le Président Hugo Chavez entre 1998 et 2002.
Cet ouvrage est une véritable enquête, à charge contre le gouvernement Bush. L'auteur loin de se limiter à des dénonciations apporte des preuves tangibles, les noms de personnes liées à la CIA, le financement de syndicats par les Etats-Unis...
Si le livre est un réquisitoire méthodique, il aurait été intéressant de mieux comprendre la volonté des Etats-Unis d'évincer Hugo Chavez. Car c'est moins le discours socilaiste qui irrite les Américains que les liens entretenus entre Chavez, et l'Iran, la Biélorussie et maintenant la Chine. Si les méthodes américaines sont condamnables au regard de l'exemple que les Etats-Unis entendent incarner, leur motivation au regard de leur intérêts restent compréhensibles et à leurs yeux légitimes.

10 janvier 2007





Le dernier numéro de la Revue Afrique contemporaine apporte un éclairage très intéressant sur la crise du Darfour avec la contribution de Marc André lagrange et sur l'évolution de l'Afrique du Sud avec l'article de L’Afrique du Sud et le Nigeria : du maintien de la paix à la recherche d’un positionnement stratégique sur le continent africain de Jean-Bernard Véron.
François Lafargue apporte une analyse intéressante sur le rôle de l'Inde en Afrique en expliquant la logique et les limites de sa politique.

08 janvier 2007



Le troisième sommet Chine-Afrique qui vient de s’achever à Pékin, a été l'illustration de la stratégie de conquête de l'Afrique menée par Pékin. Le journaliste sénégalais, Adama Gaye explique à travers cet ouvrage les motivations et les conséquences de cette présence tous azimuts de la RPC.

Les objectifs affichés sont ambitieux, puisque Pékin promet de doubler d’ici quatre ans le montant du commerce sino-africain qui devrait atteindre 100 milliards de dollars en 2010 contre 12,39 milliards en 2002 et 39,9 milliards de dollars en 2005. La « déclaration de Pékin », instaure un véritable partenariat stratégique entre la Chine et l'Afrique. Hu Jintao a promis de doubler l’aide financière chinoise en faveur de l’Afrique avant 2009 et a pris plusieurs engagements : formation de 15 000 professionnels africains aux techniques agricoles, construction d’infrastructures médicales et doublement du nombre de bourses accordées aux étudiants africains pour venir en Chine. La Chine va également offrir cinq milliards de dollars de prêts et de crédits aux pays africains au cours des trois prochaines années.

La présence de Pékin sur le continent noir s’inscrit dans un triple objectif, diversifier ses achats en hydrocarbures, garantir son approvisionnement en minerais et accroître ses débouchés commerciaux. Pékin a commencé dès la fin des années 1990 à nouer des relations étroites avec des Etats en marge de la communauté internationale et soumis à des sanctions comme l’Angola ou le Soudan. Ces deux Etats assurent aujourd’hui de l’ordre de près de 30 % des importations en pétrole de la Chine.

Pourtant Adama gaye explique que la présence de la Chine en Afrique suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations et risque de laisser un goût amer.
Sur le plan économique, les résultats sont mitigés. Les investissements directs étrangers de Pékin se concentrent principalement dans le secteur énergétique, ce qui aggrave la dépendance des pays producteurs d’hydrocarbures, exposés à toute variation des cours mondiaux. Et la recherche de nouveaux gisements de matières premières exacerbe également les conflits locaux, conforte les régimes autocratiques, favorise la corruption et finalement ne concourt guère au développement durable et social des nations.

Pékin devra réorienter sa politique africaine afin de permettre un développement durable du continent noir en insistant sur le transfert de technologie et les partenariats, pour ne plus considérer le continent noir comme un simple réservoir de matières premières

05 janvier 2007



Agnès catherine Poirier, journaliste française installée au Royaume-uni dresse ici une comparaison souvent juste entre Français et Britanniques.

Aux yeux de l'auteur, le "modèle anglais" ne serait qu'une illusion. L'auteur condamne page après page la vision marchande qui aurait définitivement triomphé outre- Manche notamment dans le domaine artistique.
Si le réquisitoire d'Agnès Catherine Poirier peut sembler juste, la société anglaise s'est amplement américanisé depuis une trentaine d'années, elle n'aborde guère le sujet qui fâche, la croissance économique du Royaume Uni depuis plus de dix ans.

Rappelons, qu'en 1980, le revenu par habitant d'un Français était largement supérieur à celui de son voisin anglais. Les courbes se sont inversées et depuis l'an 2000 d'ailleurs, la Grande-Bretagne est devenue la 5ème puissance économique mondiale devant la France.
Alors avec un taux de chômage de 5,5 % en Grande-Bretagne, contre le double en France , le modèle anglais n'est-il vraiment qu'une illusion ?

Le blog d'une française à Londres et qui s'y plait



31 décembre 2006



Voici un livre de Christian Jacquiau, indispensable pour démasquer les acteurs et imposteurs du commerce rapidement baptisé "équitable". A travers une étude méticuleuse, l'auteur rappelle les origines de ce qui est devenu un véritable phénomène de société permettant à l'Occident de se donner bonne conscience.
C. jacquiau va au delà d'une simple dénonciation d'une opération marketing qui enrichit non pas les petits producteurs du Sud mais les intermédiaires qui labelisent leur production commerce équitable

Les ravages de la mondialisation conduisent les citoyens à rechercher des moyens de peser sur l'évolution de la société. Leur consommation en est un. À la fin des années 1990, le concept de commerce équitable conquiert le grand public avec un produit-phare, le café. Très vite, tout produit se prête à sa version "équitable", l'équitable devient tendance. C'est un petit business qui monte.

Son concept repose sur un triple engagement, celui des producteurs et des consommateurs arbitré par de nouveaux intermédiaires, les "acteurs" de l'équitable : les consommateurs paient "un peu plus cher" un produit acheté à un prix supérieur aux cours mondiaux pour assurer un revenu décent aux petits producteurs du Sud. Les acteurs veillent au respect des normes sociales et environnementales.

Qu'en est-il de la promesse que les uns et les autres se font ? Les organisations relais et entreprises qui font de l'équitable tiennent-elles leurs engagements ? Qui est vraiment gagnant ? Répondre à ces questions, c'est éclairer d'un jour cru un aspect que certains "commerçants de la bonne conscience" aimeraient tenir secret.

Initié par le militantisme citoyen, largement instrumentalisé par les bureaux de marketing, le commerce équitable a été récupéré par les marchands d'illusion. En se donnant à la grande distribution et à quelques transnationales en quête d'honorabilité, les adeptes de la marchandisation de l'équitable ont ouvert la boîte de Pandore.

28 décembre 2006




Durant l’automne 2005, une partie des banlieues françaises s’est embrasée sous l’effet d’une vague de violences urbaines sans précédent. La France est-elle en train de voir émerger un phénomène comparable à celui des ghettos américains ? La ségrégation ethnique prenant le relais ou se combinant avec la ségrégation socio-spatiale, jamais la comparaison entre les situations américaines et françaises n’a paru aussi nécessaire. Assiste-t-on à une américanisation au moins partielle de la question des banlieues ? Au travers d’études de cas précises - New York, villes californiennes, banlieue nord de Paris, région lyonnaise et nord de la France -, les auteurs de ce numéro d’Hérodote (qui reprend les communications d’un colloque franco-américain à l’université de Cergy-Pontoise en décembre 2005) analysent les similarités et les différences des processus de ségrégation aux États-Unis et en France. Faut-il désormais appréhender le problème de la ségrégation en terme de minorités et faut-il le mesurer en classant les populations en fonc-tion de leur appartenance ethnique ? Quelles expériences innovantes permettent de lutter contre la ségrégation ?

Un numéro de Géopolitique interne aux relents marxiste où de bons articles cotoient malheureusement des considérations un peu insipides sur la peur des "bourgeois", notamment l'étude à charge des gate communities.

24 décembre 2006


En cette veille de Noël, une fois n'est pas coutume, parlons d'un documentaire sur le monastère de la Grande Chartreuse, remarquable de Philip Gröning Le Grand Silence.
Le Grand Silence est pratiquement une méditation silencieuse sur la vie monacale dans sa forme la plus pure. Il n'y a pas de musique si ce n'est les chants du monastère, pas d'interviews, pas de commentaires, pas d'artifices. Seuls sont évoqués les changements de temps, de saison, les éléments sans cesse répétés de la journée ou de la prière.

Pour le réalisateur, cette expérience lui a permis de découvrir que, "toute notion de péché, de culpabilité et de rachat est absente. Il n'y a que grâce, gratitude, légèreté. On en sort libéré de la peur, habité par la confiance. On n'a même plus peur de mourir".

23 décembre 2006


Jusqu’en juin 1991, la Yougoslavie constituait une fédération composée de six républiques, (la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Macédoine et le Monténégro) et de deux provinces rattachées juridiquement à la Serbie, le Kosovo et la Voïvodine. Cette même année 1991, veille de son implosion, la Yougoslavie recensait alors vingt-trois millions d’habitants sur une superficie de 255.804 km2 (la moitié du territoire français). Le charisme de Tito à la tête du pays de 1945 à 1980, comme l’originalité relative du modèle économique yougoslave et la singularité de la politique internationale du pays ont longtemps étouffé et masqué les ferments des rivalités.

Progressivement, les sentiments sécessionnistes à l’orée des années 1990 vont se raviver et s’exacerber dans le pays, amenant à sa désagrégation actuelle. La fédération va se décomposer de manière centrifuge, en commençant par les républiques septentrionales les plus éloignées de Belgrade, la Slovénie puis la Croatie en juin 1991. Ce virus de la fragmentation va se propager au coeur du pays amenant la Macédoine vers l’indépendance, puis provoquant l’implosion de la Bosnie-Herzégovine en 1992. Enfin, les derniers contreforts du pays vont céder également aux tentations du nationalisme, tel le Kosovo. La guerre au Kosovo était en germe dès 1991 et s’inscrit dans un cheminement malheureusement aussi tragique que logique. Le déploiement de plus de cinquante mille soldats sous l’égide des Nations-Unies, à partir du mois de juin 1999, n’apporte toutefois pas de solution définitive à cet imbroglio.

Ce livre de Jurgen Elsässer est une contribution fondamentale à la compréhension du terrorisme islamique. L'auteur explique comment les Etats-Unis dans les années 1990 ont apporté un soutien militaire aux Musulmans combattant contre la Serbie en Bosnie herzégovine. Un foyer de résistance qui nourrit par les Etats-unis s'est in fine retourné contre eux. Pour l'auteur davantage que l'Afghanistan la Bosnie a été le terreau de l'islamisme mondial. La démonstration de l'auteur est implcable, mais les motivations des Etats-Unis restent à certains égards peu suffisamment étayées, pourquoi cette compromission avec les musulmans radicaux ? pourquoi cet aveuglement ?. Jurgen Elsässer évoque dans les derniers chapitre de son livre la dimension pétrolière de ce conflit des Balkans, une route possible pour les exportations du pétrole de la Caspienne.
Certes mais l'auteur pouvait également mentionner d'autres facteurs qui ont tout aussi contribué à cet engagement, le combat contre le dernier régime communiste d'Europe, mais surtout la volonté d'éviter l'implication de la Turquie (soutien traditionnel des Musulmans des Balkans) dans ce conflit. Une telle implication aurait par contrecoup engendré un conflit possible entre deux alliés au sein de l'OTAN, la Grèce (alliée des Serbes) et la Turquie.

20 décembre 2006


Le 11-Septembre a fait naître toute une littérature du complot, assez nauséabonde, accusant selon les auteurs, le gouvernement des Etats-Unis, les Israéliens, la CIA... (au choix) d'être responsable ou complice des terribles attentats. Cette littérature a surtout trouvé un écho dans une certaine gauche anti-américaine, et antisioniste.
Les Editions demi lune propose de revenir sur ce drame du 11-Septembre mais avec la contribution d'auteurs américains, mieux placés sans doute pour expliquer les conséquences de ces actes criminels sur l'évolution de la société américaine.
L'ouvrage Le nouvel Pearl Harbor doit être lu avec attention mais aussi esprit critique. L'auteur revient sur les incohérence de la Commission d'enquête parlementaire du 11-Septembre et pointe certains faits troublants. Le lecteur n'est pas obligé de partager les mêmes conclusions que David Griffin mais au moins a une idée plus exhaustive des reproches formulées à l'encontre des autorités américaines.

19 décembre 2006



Ce dernier opus de la Documentation française est consacré à l'Asie, et offre un tour d'horizon exhaustif de la situation économique et politique de la région en traitant notamment de la crise nord-coréenne, des tensions entre Pékin et Tokyo, et de l'évolution de la démocratie thaïlandaise...

Cet ouvrage est une synthèse qui se lit agréablement et qui tout en rappelant les événements principaux ne se résume pas un constat factuel. Les différents auteurs mettent en perspectives leurs sujets et permettent de mieux comprendre les enjeux de cette région.

15 décembre 2006

A travers cet ouvrage, Nicolas Gaume relate son parcours de jeune prodige des jeux videos. En 400 pages, il raconte l'aventure de la Nouvelle Economie et de son entreprise Kalisto jusqu'à sa faillite en 2002.
L'histoire est intéressante, et plonge le lecteur dans ces années d'illusion collective où des gens plus chevronnés comme Jean marie Messier ont aussi commis des erreurs d'appréciation.
L'ouvrage de Nicolas Gaume est néanmoins souvent un playdoyer pro domo. Les dernières pages de l'ouvrage, le récit de la faillite de Kalisto sont une charge contre la COB, la Commission des opérations de bourses, les cabinets d'Audit et les marchés financiers. Nicolas Gaume se présente souvent et peut être facilement comme une victime naïve de prédateurs acculant son entreprise à la faillite pour la racheter.
Peu de compassion pour les actionnaires spoliés à travers ces pages.

Citizen Games où comment la vie n'est pas un jeu video...

14 décembre 2006


Judith Palmer harik livre ici une histoire exhaustive du Hezbollah, ce mouvement politico-religieux, terroriste.
L'auteur décrit avec précision et objectivité la fondation et le succès de cette organisation liée à l'Iran.

Né des cendres de la guerre civile libanaise de 1982 et établi au Sud-Liban, le Hezbollah se présente aujourd'hui sous de multiples facettes : parti politique, milice armée, organisation humanitaire. Il s'inspire de l'idéologie de l'ayatollah Khomeyni et tire en partie ses armes et son financement de l'Iran. Dans les pays occidentaux, le Hezbollah est généralement perçu comme une organisation terroriste et une menace pour les valeurs démocratiques, les Etats-Unis le situant sur un " axe du mal " de par ses affiliations avec l'Iran. Dans le monde arabo-musulman, il est considéré comme une force légitime de résistance face à l'occupation israélienne et un parti politique porteur d'espoir pour un peuple démuni. La rencontre tumultueuse de ces deux visions antagonistes du " parti de Dieu " (traduction de " hezbollah " en arabe) est au cœur des conflits au Moyen-Orient.

10 décembre 2006

Anne Schiffrin avec cet ouvrage, La Mondialisation en 20 leçons décrit de manière très claire en quelques chapitres le phénomène d'internationalisation des entreprises depuis le début des années 1980.
L'ouvrage est résolument engagé mais apporte une contribution intellectuelle au débat sur ce sujet. Anne Schiffrin ne critique pas la mondialisation, un phénomène inéluctable mais son dévoiement, ses excès la mise en concurrence des salariés du monde entier, la course au rendement.
Un ouvrage à lire, et à compléter par celui de Joseph Stiglitz (voir infra)

07 décembre 2006

A travers cet ouvrage, le journaliste, Gordon Thomas poursuit son enquête sur l'un des plus mythiques services de renseignement, le Mossad. L'auteur évoque l'histoire contemporaine, la coopération entre Israël et les Etats-Unis dans le combat contre le terrorisme, la traque de Oussama Ben Laden, le combat contre la prolifération nucléaire....
Le livre est passionnant et multiplie les révélations. Toutefois comme le souligne le préfacier Eric Décené, spécialiste des questions de renseignement, l'ouvrage aurait gagné à être parfois étoffé par des preuves plus tangibles. La Chine et Israël ont selon Gordon Thomas travaillé ensemble pour dérober de la technologie nucléaire aux Etats-Unis, à Los Alamos. Ces affirmations souvent péremptoires ne sont pas toujours suffisament étayées. Mais il est vrai que dans le monde secret de l'espionnage, les preuves matérielles manquent.
L'ouvrage est donc un récit des dix dernières années de la politique internationale, dans ses coulisses. Laissons parler l'auteur :



L’histoire s’accélère et le Mossad, le service secret en charge de la sécurité de l’Etat d’Israël, est sur tous les fronts. Disparition de Yasser Arafat, situation troublée en Afghanistan et en Irak, menace nucléaire iranienne, disparition d’Ariel Sharon… Après avoir dévoilé dans L’Histoire secrète du Mossad plus de 50 ans d’histoire du mythique service israélien, Gordon Thomas nous livre aujourd’hui le récit brûlant des combats en cours ces derniers mois contre le terrorisme international. Il nous révèle les bouleversements en cours, tels que les affrontements entre Mossad et MI6 (les services secrets anglais) ou encore une incroyable alliance entre Mossad et services secrets chinois, unis pour voler les secrets atomiques américains sans laisser la moindre trace! Un épisode qu’il replace dans un contexte de crise récurrente des services américains, avec la récente démission du directeur de la CIA, causée par un scandale de sexe et corruption soigneusement dissimulé par l’administration Bush. L’auteur dévoile de nouveaux théâtres et épisodes du combat contre Al Qaïda, en Europe mais aussi en Amérique du Sud (Salvador, Venezuela, Colombie). Il décrit les progrès faits par cette organisation dans l’acquisition de technologies d’armes chimiques et nucléaires.
Le dernier numéro de la revue Défense nationale aborde plusieurs thèmes transversaux notamment le patriotisme économique et la notion de légitime défense économique.
On notera également l'article fort intéressant de Colomban Lebas consacré à la prolifération nucléaire.









03 décembre 2006






















A l’aube du XXIème siècle, l’Australie reste confrontée à une donnée immuable, son isolement géographique et sa modeste population.

Shanghai et l’Australie ont une population comparable. Tout au long du XXème siècle, l’Australie a donné des gages d’allégeance aux États-Unis et aux Européens, en engageant ses hommes dans les deux guerres mondiales, en autorisant les Britanniques à effectuer leurs essais nucléaires dans le désert, puis en envoyant ses soldats servir au Vietnam.

En échange de cette loyauté, l’Australie attendait le soutien sans faille de ses alliés en cas de menace. Aujourd’hui dans la mondialisation, l’Australie aux antipodes se sent bien seule.
Fabrice Argounès offre ici un ouvrage synthétique et exhaustif, retraçant l'histoire de l'Australie, les paradoxes de cette nation et les fondements de sa politique étrangère.

Voici ce que l'auteur écrit :
L'Australie est une terre de paradoxes : gigantisme géographique et faiblesse démographique, superpuissance du Pacifique sud et nain géopolitique aux yeux du reste du monde. D'abord objet colonial original, cette nation est née d'une négation des droits fonciers aborigènes, puis a été destinée à recevoir des bagnards en provenance du Royaume-Uni. Mais le pays est parvenu à devenir une terre de prospérité, une démocratie libérale muant de manière radicale depuis quelques décennies, d'une société anglo-saxonne verrouillée à un multiculturalisme militant, mais toujours
fragilisé par les doutes de la nation. L'Australie s'interroge aujourd'hui sur son identité, sur fond de respect des droits fonciers, d'accueil des réfugiés, de guerre contre le terrorisme et des garanties d'un État de Droit. Le terrible attentat de Bali, en 2002, a projeté la nation australe au cœur des grands enjeux internationaux et des questionnements sur les menaces contemporaines. Canberra cherche une voie médiane entre le protecteur américain qui l'a entraîné dans la guerre en Irak et une nécessaire prise en compte des spécificités du Sud-Est asiatique, voisinage immédiat et espace d'instabilité. Au niveau international, l'Australie réussira-t-elle à exorciser ses peurs en s'intégrant complètement dans un espace asiatique qui représente son avenir, sans abandonner l'anglosphère et surtout en préservant un mythe national fort : celui du citoyen international exemplaire ?






A l’image des pays d’Asie centrale de l’ancienne Union soviétique, la région du Caucase et de la mer Caspienne est demeurée jusqu'à une date récente ignorée du grand public. La guerre en Tchétchénie a mis tragiquement un terme à cette indifférence.

Cette région du Caucase connaît depuis plus d’une décennie une situation politique particulièrement confuse. Mais le conflit en Tchétchénie qui se singularise par sa violence et sa férocité a occulté d’autres affrontements également meurtriers principalement en Ossétie du nord et au Daghestan. En quinze années, depuis les premières fissures apparues au sein de l’empire soviétique, plus de cent vingt mille personnes auraient péri dans ces conflits territoriaux soit l’équivalent de près de deux fois les pertes américaines au Vietnam.

Mais ces rivalités ne peuvent se résumer à des affrontements ethniques ou religieux s’inscrivant dans un combat séculaire. Certes, la disparition de l’Union soviétique a accéléré le réveil des nationalismes longtemps étouffés comme en Arménie et en Azerbaïdjan. Et la découverte de fabuleux gisements pétroliers et gaziers dans la mer Caspienne n’a fait qu’attiser ces rivalités. Aujourd’hui cet espace d’Asie centrale est devenu le théâtre d’un véritable Kriegspiel.

Eric Hoesli a travers cet ouvrage décrit l'histoire tumultueuse du Caucase, une somme magistrale qui relate de manière très précise l'évolution de cette région. La dernière partie de l'ouvrage est consacrée aux enjeux énergétiques de la région. Plusieurs publications ont été consacrées au caucase depuis plusieurs années, Eric Hoesli apporte ici une contribution décisive à la connaissance de cette région névralgique.

02 décembre 2006




En 1996, les Editions Complexe avaient publié la première édition de cet ouvrage, Géopolitique de l'Arabie saoudite.
Olivier Da Lage, dix ans plus tard, propose une nouvelle version de son ouvrage profondément remaniée et mise à jour.
Si les publications relatives à l'Arabie saoudite se sont multipliées depuis le 11-Septembre, force est d'admettre que cet ouvrage a ouvert la voie. Très clair, comme tous les titres de cette même collection, il permet de saisir la complexité des enjeux liés à l'Arabie, le pétrole, l'islam, les évolutions instituionnelles.
L'ouvrage est complété par un index fort utile.
Laissons l'auteur présenter son ouvrage :

Les attentats du 11 Septembre ont obligé les dirigeants saoudiens à remettre en cause les fondements de la politique qui régit l'Arabie Saoudite depuis sa fondation en 1932.
Les relations avec les États-Unis, qui reposaient sur l'accord «pétrole contre sécurité» ont été fortement ébranlées. Dans le Golfe, le royaume doit se faire à l'idée d'une perte d'influence dans les monarchies pétrolières qui s'appuient à présent sur la protection américaine. L'apparition au début des années 2000 d'un terrorisme jihadiste a conduit à une profonde remise en cause : le tabou autour du dogme wahhabite est levé, les terroristes s'en réclamant sont désormais combattus ouvertement.
Sous le règne d'Abdallah, la réforme est officiellement à l'ordre du jour, mais son rythme est très lent. Le retour de la manne pétrolière n'a pas fait disparaître le besoin d'adapter l'économie. Le gouffre risque donc de se creuser davantage encore entre les quelques dizaines de princes qui dirigent vraiment le pays et la population.
La clé du changement est sans doute à chercher dans la façon dont se fera le saut de génération entre les fils d'Ibn Saoud et ses petits-fils, dont l'émergence au premier plan de la scène politique entraînera une nouvelle donne politique. Que celle-ci soit ou non adaptée à la situation intérieure et régionale de l'Arabie Saoudite sera déterminant pour la pérennité d'une dynastie condamnée, tôt ou tard, à s'adapter pour survivre.

29 novembre 2006



Hitler, le nazisme et le Troisième Reich ne firent pas preuve d'une grande originalité intellectuelle. C'est en étudiant les fondements idéologiques de l'hitlérisme que l'historien américain George L. Mosse a mis en lumière combien le romantisme allemand, dans son culte du Volk, de la terre et du sang, avait constitué le terreau d'une pensée raciale et ethniciste (völkisch) qui fit plus tard l'armature intellectuelle du régime national-socialiste. La foi germanique en un peuple aryen et vierge de tout héritage biblique, l'exaltation des anciens Germains, le culte de la race enfin, avaient dès la seconde moitié du XIXee siècle ouvert la voie à une idéologie d'exclusion. Bien avant 1914, la pensée völkisch avait pénétré les mouvements de jeunesse allemands comme l'essentiel du milieu universitaire. Avec le traumatisme consécutif à la défaite de 1918, elle trouve un relais parmi une fraction importante des anciens combattants comme dans une large partie de la société allemande travaillée par le ressentiment et un antijudaisme fonctionnant ici comme un code culturel et social. Le mouvement hitlérien saura canaliser cette nébuleuse idéologique et traduire ces frustrations en termes politiques. En transformant in fine l'aspiration à une révolution antibourgeoise en révolution antijuive. Enfin traduit en français, ce livre, capital, met en lumière la profondeur de l'enracinement intellectuel du Troisième Reich dans l'histoire de l'Allemagne comme dans celle, plus largement, du Vieux Continent.

Biographie de l'auteur
George L. Mosse, juif allemand né en 1918, a été contraint à l'exil aux Etats-Unis avec toute sa famille en 1933. Il était professeur émérite d'histoire à l'université du Wisconsin et est l'auteur de Toward the Final Solution, Tbe Fascist Revolution et autres livres importants, malheureusement peu traduits en France. George L. Mosse est mort en 1999.

26 novembre 2006



L'Asie d'entre Inde et Chine est une invitation à découvrir les archipels, les îles les isthmes et les détroits de l'Asie du Sud est.
Cet ouvrage du géographe Michel Bruneau est remarquable à plusieurs titres.

Il s'intéresse en premier lieu à un sujet rarement abordé, comme la Malaisie ou le Mynamar, il décrit parfaitement les logiques de constitution des Etats de cette partie du Monde;

Enfin la cartographie apporte un éclairage fort intéressant.
Si l'ouvrage s'adresse plutôt à un public averti, l'étudiant trouvera dans L'Asie d'entre Inde et Chine maintes information et un rigoureux raisonnement géographique. Le chapitre consacré à Singapour et à Brunei apporte des explications fort intéressantes sur un sujet rarement évoqué en France.

24 novembre 2006




Voici un ouvrage décapant et incisif un pamphlet contre les altermondialistes mélange d'anarchistes, d'opportunistes et du reliquat de gauchistes post 68.

Le titre Un si joli monde est bien trouvé, puisque les cénacles altermondialistes ne sont guère reluisant à l'inverse du monde idyllique qu'ils voient dans leur rêves.
Voici donc un ouvrage qui nous plonge dans l'arrière boutique, autant dire le marigot de ces associations comme Droit au logement ou Prochoice. Rivalités de personnes, querelles byzantines, disputes amoureuses sont le lot de ces mouvements complaisament relayés par les médias.

Isabelle Saporta a fait le choix courageux de traiter de ces mouvements fréquemment pour ne pas dire toujours, financés par les deniers publics et qui n'ont aucune représentativité. Un vrai bol d'air.

Laissons parler l'auteur :

L'autre gauche, l'autre politique, l'autre monde : hors des " altermilitants ", tout ne serait qu'arrangements et compromissions. Or, c'est bien la fausse immunité morale des nouveaux gauchistes que ce livre dénonce. Leur prétention à l'absolue pureté aggrave le malaise de la représentation. Leur récupération du " Tous pourris " ne fait que creuser la défiance. L'hyper-médiatisation de leurs combats annule tout engagement efficace. Jouant la conviction contre la liberté, l'intégrisme contre le réformisme, ils cantonnent leurs recrues dans une illusion gratifiante. Ne craignant pas d'être rangée dans le " camp du mal ", Isabelle Saporta révèle ici la petite cuisine interne d'un univers qui, à mille lieues de l'engagement vertueux qui se donne en spectacle dans les médias, écrase impitoyablement le faible sous le pire des despotismes, égotique et narcissique.





Cet ouvrage rédigé par Hind Fraihi laisse parler une musulmane pratiquante, l'auteur, sur l'un des maux de cette époque, le terrorisme islamique.
Hind frahi se pose des questions fondamentales comme :
Pourquoi quelqu'un commet-il un crime au nom d'Allah ? Qui sont les islamistes extrémistes ? Sont-ils prêts à perpétrer une action terroriste dans
notre pays ?

La journaliste a rencontré les principaux responsable de la communauté musulmane de Belgique, les a longuement interrogés pour livrer ce livre saisissant, un regard de l'intérieur sur ces réseaux de haine.
Un ouvrage instructif et éclairant.

22 novembre 2006

Cet ouvrage L'Insolent relate la carrière et la vie de l'héritier de Jean-Luc Lagardère, son propre fils Arnaud. L'Insolent est une chronique des dix dernières années de lutte au coeur du capitalisme français.
Si parfois le ton est proche de l'hagiographie, l'auteur relate avec minutie les complots et les luttes de clans au sein du groupe Lagardère. Le décès prématuré du fondateur de l'empire, a exacerbé les rancoeurs.

Une biographie (où c'est vrai hormis le personnage principal), dont la plupart des protagonistes ne sortent pas à leur avantage. Dominique de Villepin accusé d'avoir voulu écarter Arnaud au moment de la succession de son père, Nicolas Sarkozy manigançant pour écarter Alain Génestar, le patron de Paris Match...
La chronique de la vie économique ordinaire...


21 novembre 2006

Histoires françaises n'est pas à proprement parlé un livre de mémoires politiques mais à l'image du Pouvoir et la vie de Valéry Giscard d'Estaing, un témoignage sur le pouvoir et ses difficultés.
L'ancien Premier ministre de François Mitterrand (1992-1993) revient sur sa carrière politique et évoque surtout son passage à Matignon.

L'ouvrage n'évite pas le règlement de compte principalement d'ailleurs envers les "amis" socialistes plutôt que vers la droite, Jacques Chirac étant jugé "sympathique".
Roland Dumas, Pierre Bérégovoy concentrent l'essentiel des critiques d'Edith Cresson.

L'auteur relate une époque qui apparait déjà un peu lointaine, la fin du second septennant de François Mitterrand; mais l'ouvrage est aussi une réflexion sur l'exercice du pouvoir ses contraintes et ses illusions. Edith Cresson avec une certaine amertume rappelle les principales mesures qu'elle avait engagées notamment en faveur de l'apprentissage mais sans disposer du temps nécessaire pour achever ses projets.

19 novembre 2006
































Cet ouvrage Machinations rédigé par deux journalistes, Karl Lake et Laurent Valdiguié revient sur l'une des plus importantes affaires politico-financière des dix dernières années. Les protagonistes sont nombreux, outre les hommes politiques, le Général Rondot, Jean Louis Gergorin, et Imad Lahoud.
L'ouvrage et dense et présente l'engrenage de cette affaire très complexe où chaque acteur magistrats et hommes politiques, avait ses propres objectifs. L'ouvrage est palpitant, un véritable polar, avec des portraits très justes des principaux protagonistes comme Philippe Rondot. Loin des spéculations, Machinations s'appuie sur les procès verbaux retranscrit en verbatim, un véritable travail d'enquête, de journalistes d'investigation.

18 novembre 2006


Voici un livre sans prétention écrit par le journaliste politique, Jean Michel Apathie. Un livre profondément sincère et agréable à lire.
L'auteur relate son parcours professionnel, fait de hasards et de rencontre.
Le 10 mai 1981, Jean-Michel Aphatie a vingt-deux ans quand il découvre, en même temps que la France entière, le visage du vainqueur de l'élection présidentielle sur un écran de télévision. Il est alors serveur au Café de la Poste, à Lourdes. " C'est une vie sans direction ", écrit-il, qui l'a mené là. L'école n'a plus voulu de lui après la troisième. Il a juste le temps d'arracher son BEPC et commence à travailler dans le commerce que ses parents tiennent en gérance. La politique est pour lui une chose bien lointaine. Le 10 mai, il n'a pas voté. Et pourtant, après l'élection de François Mitterrand, il se dit que sa vie pourrait changer. Quelques mois plus tard, il réussit un examen spécial d'entrée à l'université et choisit le droit. A la fin de ses études, il adhère au Parti socialiste, puis, quand il n'y adhère plus, décide qu'il sera journaliste. Ses années de jeunesse fixent à jamais son caractère.

Jean Michel Apathie livre surtout dans cet ouvrage ses impressions sur le monde politique, une critique très sévère où la lacheté, le mensonge et la compromission sont malheureusement des attitudes fréquentes.
Liberté égalité réalité explique pourquoi cette attitude condescendante des élites a laissé le champ libre aux extrêmes et à l'abstention. Un livre à lire, le baromêtre d'une certaine époque.

17 novembre 2006

Dans cette collection qu'il dirige, Yves Lacoste vient de publier une véritable somme, la Géopolitique de la Méditérranée.
Cet ouvrage est probablement l'un des plus aboutis depuis le Dictionnaire de Géopolitique paru pour la première édition en 1993. Il s'agit d'une analyse très affinée de cet espace géographique dans la lignée de Fernand Braudel

Yves Lacoste, l'un des plus grands géographes français contemporain, a été l'artisan du renouveau de la géopolitique en France. Si depuis ses premières publications, ses idées politiques ont fortement évolué du marxisme vers un néogaullisme, Yves Lacoste est resté fidèle à ces rives de la Méditérranée où rappelle t-il volontiers, il a grandi (au Maroc) et a enseigné (à Alger).

Loin de reprendre les articles publiés dans la revue Hérodote, qu'Yves lacoste a fondé en 1976, l'auteur apporte un éclairage global sur cet immense espace méditéranéen où se concentre près d'un demi milliard de personnes.
Chaque pays de l'Espagne à Israël fait l'objet d'une étude minutieuse. L'auteur finit par un pessimisme surprenant mais sans doute inéluctable, en considérant que ces deux rives de la méditérannée, si proche géographiquement mais si éloignées sur le plan économique et culturel finiront sans doute par s'affronter.

14 novembre 2006


Sébastien Spitzer a voulu rédiger ici un "polar géopolitique " à la manière d'Eric Laurent où la grande histoire est racontée par de petites histoires.
Force est de constater que Ennemis intimes est un ouvrage plutôt réussi, le lecteur se prend au jeu et pénêtre dans les arcanes du pouvoir avec les héros de l'ouvrage comme Oliver North.
A mi chemin entre le roman de fiction et un document d'actualité, le livre revient sur les relations ambigues entretenues entre l'Iran et les Etats-Unis depuis 1979.
Ce recit raconte par le menu détail les compromissions des gouvernements successifs avec l'Iran des Mollah.
On notera néanmoins quelques petites erreurs factuelles, comme p.279 où l'auteur affirme que l'Amérique dépend principalement du pétrole du Moyen Orient, une erreur manifeste puisque les importations pétrolières américaines venant de cette région ne dépassent pas 25 % de leur approvisionnement. Mais Ennemis intimes est un roman...

12 novembre 2006


Situé sur l’itinéraire de la Route de la soie, ouverte par Marco Polo au XIIIème siècle, le territoire actuel de l’Afghanistan fut au cœur des grandes invasions et des grandes migrations de l’Antiquité. Défilèrent notamment sur ces terres, les soldats de Cyrus le Grand au VIème siècle avant notre ère, puis ceux d’Alexandre de Macédoine , deux siècles plus tard et de Gengis Khan au XIIIème siècle. Il reste de ces conquêtes, un patrimoine archéologique comme les temples bouddhiques, les monastères indiens décorés de somptueuses fresques et des objets vestiges d’une époque fastueuse . Mais ceci n’enlève pas à l’Afghanistan son image de pays médiéval, vivant en retrait du monde contemporain. Et, en ce début de troisième millénaire, le mouvement des taliban avec ses exactions barbares et sa rhétorique fanatique a conforté ces clichés.

Habib haider et François Nicolas à travers cette synthèse remarquable dresse un portrait de l'Afghanistan, près de six ans après la chute des talibans en septembre 2001.
Depuis les Attentats contre le WTC, de nombreux auteurs, se sont proclamés spécialistes de l'Afghanistan, de l'irak ou de l'islamisme, pour ne proposer que de plates réflexions.

Cet ouvrage est le fruit d'un réel travail et surtout d'une compétence indéniable, l'un des meilleurs ouvrages sur la question avec ceux de Patrick Dombrowsky et de François Lafargue.

Les auteurs écrivent :"Ce livre est beaucoup plus qu'un constat. Il l'établit, certes - vous y trouverez un panorama lucide et complet de la situation afghane actuelle, englobant les rappels historiques indispensables pour comprendre le présent ; particulièrement, la construction de l'Etat afghan depuis le XVIIIe siècle. Préparer un développement durable pour le pays est l'impératif premier à respecter dans une reconstruction qui restaure des conditions de vie minimales. Données et chiffres, ici, ne sont jamais dissociés du souci et de la perception fine d'une communauté plongée dans une situation catastrophique, mais ne manquant pas d'atouts pour que les Afghans n'occupent plus le triste podium des peuples les plus pauvres de la planète.
Car les solutions existent et les auteurs, économistes tous deux, proposent des pistes cohérentes, respectueuses d'une évolution sans excès de hâte, riches d'une connaissance profonde des mosaïques
humaines du pays. La population afghane se demande quels sont les objectifs poursuivis par la communauté internationale et le gouvernement
afghan. Elle a constaté tout à la fois que des pouvoirs parallèles se sont édifiés avec les aides financières internationales et l'argent de la drogue, et qu'il n'y a pas eu la création des marchés et des emplois promis pour améliorer son bien-être matériel. L'Afghanistan n'a pas besoin qu'on lui déverse à l'aveugle des sommes faramineuses distribuées avec autant de bonne conscience que d'ignorance. Il a besoin d'aides intelligentes, localisées, et à lire ce livre on appréhende deux réalités peut-être inconfortables, mais utiles à intégrer : la chute des forcenés talibans n'a pas redressé d'un coup de baguette magique un pays saigné à blanc par les guerres, et... il est urgent de bien agir."

11 novembre 2006



L'ouvrage de Pierre Fayard n'est pas à proprement parlé destiné aux néophytes à ceux qui veulent découvrir l'économie du Japon.

Ce livre s'adresse aux lecteurs soucieux de découvrir les ressorts de la volonté de puissance et de conquête des Japonais. Au delà des clichés habituels, des cinq zéros et du toyotisme, Pierre Fayard, tente par l'étude de la mentalité et du raisonnement d'expliquer la place actuelle du Japon dans le Monde.
Il faut saluer un ouvrage plutôt, difficile à lire mais qui a le mérite de porter sur un sujet peu étudié en France, à l'heure où la Chine accapara l'attention de tous.

L'auteur écrit :
"Face aux défis contemporains, le Japon a puisé dans sa culture pour forger des réponses adaptées et innovantes. Dans un monde ouvert, interdépendant et incertain où les technologies de l’interaction jouent un rôle sans cesse croissant, le modèle des communautés de connaissance représente une alternative stimulante aux méthodes de management traditionnelles.
Dans cet ouvrage, le lecteur découvrira trois clefs qui introduisent à cette voie japonaise : le Budo de la connaissance intuitive, le Ba de la connaissance collaborative et le Kata de la création de connaissance. Il poussera ensuite quatre portes : culture, espace, communauté et technologie, qui ouvrent sur une sélection de témoignages d’entreprises emblématiques et de chercheurs. En illustration, quelques scènes de la vie courante donnent à percevoir certaines caractéristiques cachées de la société japonaise.
Incitatif, ce livre est une source d’inspiration pour repenser la stratégie des organisations et les adapter de manière créative aux réalités du monde actuel."

10 novembre 2006

Fondée en 2004, Monde Chinois est une revue de référence en langue française entièrement consacrée à l'analyse des évolutions économiques, stratégiques, politiques et culturelles de l'ensemble formé par la République populaire de Chine, Taïwan, Hong Kong et Singapour.

le dernier numéro de Monde Chinois est consacré à la politique africaine de la Chine, avec notamment les contributions de Pierre Gentelle et de François Lafargue

Indira Gandhi a été une des femmes les plus puissantes du monde, parmi les premières à diriger une démocratie moderne. Et pas n'importe laquelle : la plus grande de notre planète, bientôt peut-être la première économiquement ! Elle a hérité de la sagesse de traditions millénaires, montré autant d'intuition politique que de passion maternelle. Vingt ans après sa mort, la dynastie qu'elle a contribué à créer continue à influencer la destinée de l'Inde.


L’indépendance de l’Empire des Indes allait entraîner de terribles massacres entre Hindous et Musulmans près d’un demi-million de personnes périrent alors. La partition de 1947 a imposé la délimitation de 6.353 kilomètres de frontières d’Etat qui ne suivirent guère les délimitations administratives coloniales. Dès le début de l’indépendance, le nouvel Etat indien est gouverné par Jawaharlal Nehru qui devait rester Premier ministre jusqu’à son décès en 1964.


A la mort de Nehru lui succéda Lal Bahadur Shastri (1964-1966). Le décès prématuré de ce dernier permit à Indira Gandhi, fille de Nehru d’accéder au poste de Premier ministre en 1966. Son programme de socialisation à outrance, les excès de sa politique (l’instauration de l’état d’urgence afin de mettre un terme aux poursuites pénales à son encontre, car convaincue de fraude électorale, la stérilisation masculine forcée), lui valurent d’être écarté du pouvoir en 1977 au profit de Morarji Desaï âgé alors de 81 ans. La coalition formée fut éphémère entraînant trois ans plus tard la dissolution de la Chambre des députés le Lok Sabha, permettant en janvier 1980 à Indira Gandhi de revenir au pouvoir. Mais le séparatisme des Sikhs et l’assaut donné contre le Temple d’Or d’Arimtsar devaient lui être fatales. Indira Gandhi sera assassiné par deux de ses gardes du corps sikhs le 31 octobre 1984.

08 novembre 2006

Avec cette Histoire du Liban rédigé sous la direction de Boutros Dib, l'éditeur Philippe Rey propose une somme de 1000 pages consacrée à un pays qui depuis un demi-siècle n'a jamais quitté l'actualité.

Les auteurs ont privilégié l'histoire à l'époque contemporaine en relatant l'ère des Phéniciens puis les conquêtes arabes successives. L'époque contemporaine n'occupe finalement qu'une place modeste dans l'ouvrage, une centaine de pages, mais l'ambition des auteurs n'est pas de décrire les jeux politiques actuels mais de relater l'évolution tumultueuse du pays du cèdes.
Des cartes et un index complètent idéalement ce manuel.

05 novembre 2006


En cette fin de XXème siècle, la question du Golfe marque une césure majeure dans la vie politique internationale et ne peut se résumer uniquement à des enjeux pétroliers ou financiers.

- En premier lieu, ce conflit symbolise l’avènement d’un monde monopolaire dominé par les Etats-Unis d’Amérique, profitant de la désagrégation de l’Empire soviétique et de l’émiettement de l’Europe. Cette hégémonie américaine proche parfois de l’arrogance se confirmera dans les années suivantes tant sur le plan militaire avec l’affaire du Kosovo que dans les domaines commerciaux ou culturels .

-De même, cet affrontement marque l’émergence des nouveaux acteurs politiques du prochain millénaire, tels l’Iran, l’Inde ou encore le Pakistan. Puissances turbulentes aux prétentions bousculant souvent les équilibres régionaux. L’engagement des Etats-Unis en 1990 et leur entêtement depuis lors, témoignent du souci de contrer ces acteurs balbutiants.

Enfin, le conflit irakien a des implications régionales, le sort de ce pays détermine en partie celui de la région. Un démantèlement du territoire irakien entraînerait en effet à terme, une déstabilisation des pays limitrophes, notamment de la Turquie et de l’Arabie saoudite.

Voilà près de trente ans que l'Irak est en guerre. Et voilà plus de vingt ans que ce pays et ses richesses pétrolières sont au coeur des tensions internationales, entraînant non seulement de violents affrontements diplomatiques, notamment avec le Conseil de sécurité de l'ONU, mais aussi des périodes de guerre parmi les plus meurtrières du XXe siècle.

Olivier Hubac retrace ici l'histoire politico-militaire de l'Irak depuis 1980. Il met en perspective les guerres d'Irak, analyse et explique les enjeux de puissance qui poussent les grandes nations à s'immiscer dans les conflits de la région depuis plus d'un quart de siècle. Un livre clair et accessible pour comprendre la situation de l'Irak et les enjeux internationaux au Moyen-Orient.

04 novembre 2006


Ces deux ouvrages si différents abordent pourtant un même sujet conflictuel, le Moyen Orient.
Frédéric Encel avec Géopolitique du Sionisme revient sur la création de ce mouvement politique et explique très clairement ses origines historiques et religieuses. Sur un sujet aussi ardu, l'auteur sait par un style clair présenter les acteurs et les stratégies politiques.


Norman Finkelstein à travers Mythes et réalité du conflit israélo-palestinien aborde le même sujet, mais dans un sens plus critique envers l'Etat d'Israël. Très critiqué aux Etats-Unis, où il enseigne, N. Finkelstein apporte un éclairage sous un angle différent revenant sur les souffrances du peuple palestinien et la légitimité du sionisme.

Deux ouvrages, deux yeux pour un même sujet.

03 novembre 2006


Cet ouvrage raconte l'histoire et le rôle des sociétés de mercenariats dans le monde qui prospèrent sur le chaos notamment en Afrique mais également en Irak. Un voyage très instructif sur les profits juteux de l'industrie de la guerre. Un ouvrage qui retrace l'origine de ces sociétés privées et qui de la Colombie à l'Angola retrace leurs méfaits.


Les façons de faire la guerre changent. De nombreuses compagnies militaires privées s'ajoutent aux armé-es classiques. Paramilitaires, mercenaires et seigneurs de la guerre sont les nouveaux acteurs des conflits. La fréquence des guerres entre Etats diminue. C'est à l'intérieur de leurs territoires qu'ont lieu les combats entre troupes régulières et irrégulières, contre la population civile : le nombre de victimes augmente sans cesse, tandis que les secteurs militaires prennent de moins en moins de risques. La dispute des zones géostratégiques n'est pas toujours le principal enjeu. Les conflits se transforment, dans bon nombre de cas, en de simples business. Elles sont un apport économique supplémentaire, où les bénéfices se comptent en milliards de dollars.

La compétition pour la gestion de l'aide humanitaire, pour l'accaparement des ressources naturelles, pour le contrôle de tous types de trafics fait tourner la machine de guerre. Ce livre, traduit en plusieurs langues et réactualisé, traite de toutes ces questions en abordant dix pays au cas par cas. Réalisé par une équipe de chercheurs, historiens et journalistes internationaux réunis pour l'occasion par deux écrivains, " Le business de la guerre " est aussi une enquête sur ces nouvelles compagnies militaires privées, qui ont pignon sur rue à travers le monde entier.

02 novembre 2006


Olivier Hassid dresse ici une synthèse de la situation de l'insécurité en Europe; L'auteur statistiques à l'appui présente l'ampleur de la criminalité en Europe occidentale en insistant sur son aspect protéiforme (violences politiques et crapuleuses, terrorisme...).

Attentats, trafics illégaux, émeutes urbaines... la société européenne paraît assiégée par les menaces. Une partie des Européens a peur et se sent vulnérable. Ce sentiment est renforcé par l'élargissement de l'Union européenne, parfois présenté comme la porte ouverte aux mafias d'Europe de l'Est et au terrorisme. De fait, l'Europe n'est plus perçue comme un véhicule de paix mais bien comme un espace d'insécurité. En réaction, de nombreux Européens se sont radicalisés. Le non au référendum sur le Traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas en 2005, les votes d'extrême droite et des crimes racistes sont les stigmates d'un «malaise européen».
Un bilan objectif des problèmes de sécurité en Europe s'impose. Quelle est la probabilité d'être tué, agressé, volé, victime d'actes terroristes ? Est-on plus en sécurité chez soi ou dans la rue ? Qui sont les délinquants ? Les Européens sont-ils plus menacés ou se sentent-ils plus menacés ? Quelle exploitation est faite de ce sentiment d'insécurité ? Les nouvelles frontières de l'Union européenne favorisent-elles la criminalité ? Quels sont, en plus de la police, les nouveaux intervenants de la sécurité (Europol, opérateurs privés, etc.) et combien coûtent-ils ? Est-il plus efficace de prévenir ou de punir la délinquance ? Le prix à payer pour être en sécurité est-il obligatoirement une limitation des libertés ?

01 novembre 2006


Dans la droite ligne de l'émission éponyme diffusée chaque semaine par Arte et présentée par Jean christophe Victor, cet atlas extrêmement pédagogique invite à découvrir différents aspects géopolitiques du monde contemporain. Cartes très claires, textes riches et concis, rappels historiques, chiffres et données politiques mettent en lumière la complexité de certains conflits actuels. Ils donnent par ailleurs la mesure des enjeux liés à la pollution des mers par les hydrocarbures et à la maîtrise des ressources naturelles de la planète.
Cet ouvrage est un précieux outil pour les étudiants ou plus simplement les curieux désirant mieux connaître le monde qui nous entoure.

31 octobre 2006


Ali Laidi Comment la mondialisation a accouché du terrorisme. L’auteur revient ici sur l’évolution du terrorisme international et surtout s’attarde sur les racines d’une violence jugée souvent aveugle. L’auteur rappelle à juste titre que contrairement à une idée reçue, les islamistes ne sont pas issus des milieux les plus modestes mais bien au contraire sont souvent diplômés. La frustration sociale est probablement l’une des raisons de ce nihilisme, cette volonté de détruire, de faire le mal.
Cette interprétation peut être juste à propos des frères musulmans en Egypte qui recrutent principalement parmi les jeunes diplômés qui ne parviennent pas à trouver un débouché professionnel. Néanmoins, l’auteur souligne d’autres facteurs explicatifs à cette violence, le refus de partager les valeurs du monde occidental et la haine envers une richesse injustement et inégalement répartie. L’auteur tente une explication plutôt réussie des attentats du 11-septembre et de l’engrenage de la violence qui prévaut depuis lors.

29 octobre 2006

La Guerre ratée d'Israël contre le Hezbollah est un essai de Reand Girard qui se propose de comprendre l'échec de l'armée israélienne au sud Liban à l'été 2006. L'ouvrage n'est pas un traité de stratégie militaire mais un récit de ce correspondant du Figaro, présent au moment des faits et qui a pu avec l'armée israélienne se déplacer sur le théatre de guerre.




Le récit est plus pondéré que le titre, Renaud Girard montre que le hezbollah a pu tenir tête à la plus importante armée de la région grâce au soutien technologique de l'Iran et de la Syrie qui fournirent des armes sophistiquées parfois d'origine russe et chinoise.
Un récit intéressant de cet épisode tragique pour le Liban , un récit qui permet au lecteur de comprendre les choix effectués par le commandement israéliens, des choix qui parfois se sont révélés imprudents.

28 octobre 2006



Cette biographie de Jean Louis Borloo rédigée par Vincent Quivy, évite l'écueil traditionnel de l'hagiographie ou du pamphlet. Au fil d'une enquête minutieuse, l'auteur retrace le parcours de l'actuel ministre de l'emploi, ancien avocat, devenu maire de Valenciennes.
Mais l'ouvrage dépeint surtout un homme sans grande conviction idéologique, surtout décidé à se faire une place dans le monde politique, prêt à rallier François Mitterrand en 1988 puis Lionel Jospin en 2002 avant de servir Jacques Chirac...
Un Jean Louis Borloo dans la lignée de son maître à penser Edgar Faure, qui ne s'embarasse guère de scrupules dans la conquête du pouvoir.

Pourtant et là réside le mérite de l'ouvrage, JLB apparait également comme attachant, un homme plus complexe qu'il n'y parait. Si l'ouvrage retrace la déjà longue carrière de JL Borloo et notamment sa complicité avec Bernard Tapie, la dernière partie consacrée à l'enfance et l'adolescence du futur ministre méritait peut être d'être approfondie.

27 octobre 2006


L'ouvrage de François Gipouloux, La Chine, Une nouvelle superpuissance est une synthèse exhaustive de la situation actuelle de l'Empire du Milieu. Sur ce sujet, la littérature est désormais abondante, mais l'auteur directeur de recherche au CNRS a su réaliser une synthèse claire et précise traitant de la plupart des défis auxquels la Chine est confronté.
Le chapitre consacré à l'émigration rurale nous apprend beaucoup sur le sort des mingong, ces paysans allant chercher un travail en ville et formant le prolétariat du pays. Un ouvrage solidement documenté.

26 octobre 2006





Le dernier ouvrage de Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001, est un livre contre le «fanatisme du marché». Un autre monde est un nouveau réquisitoire contre une mondialisation déséquilibrée. L'ouvrage de cet éminent spécilaiste ne s'inscrit pas dans la lignée des pamphlets dénonçant la dérégulation. Fort de son expérience à la Banque mondiale, J. Stiglitz dénonce l'ullusion de la mondialisation et son incapacité à favoriser le développement.

Dans un entretien à Libération, en septembre 2006, l'auteur résume quelques points de sa pensée à travers l'enjeu des droits de propriété intellectuelle (PI).

La propriété intellectuelle est-elle la face cachée de la mondialisation ?
Les déséquilibres de ce régime de droits exclusifs sont parmi les pires déviances du capitalisme actuel. Parce qu'il est question de vie ou de mort, comme on le voit dans la lutte pour des copies de médicaments à bas prix. Les hommes ou les brevets ? La faute originelle : avoir laissé aux ministres du Commerce et aux multinationales le soin de façonner les trips [en français, Adpic ¬ aspects des droits de propriété intellectuelle touchant au commerce ¬, ndlr], en 1994. La PI est intégrée au commerce, pas à l'environnement ni aux normes de travail.

La propriété intellectuelle favorise-t-elle la privatisation du savoir ?
L'Etat finance la recherche fondamentale, le privé met les médicaments sur le marché. Une sorte d'impôt, vu le fossé entre le coût de production (marginal) et le prix à la vente (phénoménal). Le risque de verrouillage du savoir se multiplie. Prenez la course à la brevetabilité des gènes humains : Myriad Genetics, qui a breveté deux mutations du gène du cancer du sein, a exigé que les labos à but non lucratif qui travaillent sur le dépistage paient un droit de licence ! L'idéologie simpliste de la PI peut affecter le rythme des innovations. On l'a vu avec le dépeçage de Netscape, navigateur concurrent de Microsoft, ou l'obligation pour le créateur du BlackBerry (terminal de poche, ndlr) de payer 600 millions de dollars à la firme qui avait acquis le brevet. Début XIXe, ces mêmes brevets avaient failli tuer l'avion ou l'automobile...

Mais les pays occidentaux ont combattu la PI pour se développer, comme ils ont usé du protectionnisme !
C'est comme donner un «coup de pied dans l'échelle» qui a permis de grimper. On le voit encore dans les subventions. On interdit à la Jamaïque de subventionner son lait, pas aux Etats-Unis. Le système actuel de la PI cherche à restreindre l'utilisation des savoirs. Pourtant, comme le disait Jefferson, ex-président américain, le savoir est comme une bougie : «Quand elle en allume une autre, sa lumière ne faiblit pas.» Le libre accès au savoir ¬ les tenants de l'architecture ouverte, comme Linux ou Mozilla le savent ¬ tient du bien public mondial ! Une obligation morale. Maintenir la PI dans les pays pauvres sur les médicaments, c'est pourtant du lose-lose, un truc de perdant dans les deux sens. Les firmes n'y gagnent rien, les pauvres perdent tout.

24 octobre 2006

A travers cet ouvrage, Laurent Léger emmène ses lecteurs dans le monde interlope des traficants et intermédiaires d'armes. L'auteur relate les différentes compromissions des pouvoirs politiques démocratiques avec ces milieux. Si l'auteur évoque la période contemporaine et notamment le contrat Safari en Arabie saoudite, il revient également sur des époques peu glorieuses, comme celle de l'Apartheid, quand l'Afrique du Sud pourtant soumise à des sanctions internationales recevait des armes de la France...
Un livre où la morale est la grande absente
Quelle que soit la guerre - civile, ethnique, internationale -, les trafics d'armes suscitent le fantasme. On les imagine s'opérant dans le plus grand secret. Il n'en est rien. Le business de la mort alimente les points chauds au vu et au su des gouvernements et de leurs services. D'Est en Ouest, du Nord au Sud, ce négoce lucratif sillonne la planète en toute tranquillité, ou presque. Un expert des services secrets le confesse dans le livre : " Si on le voulait, toutes les filières seraient stoppées en 18 mois. " Mais les enjeux sont trop importants. Jamais jusqu'alors un ouvrage n'avait exploré cette zone grise où les pays démocratiques fréquentent les trafiquants avec le plus grand cynisme, voire les utilisent. Sous couvert de lutter contre la prolifération des armes, nos Etats déversent eux-mêmes des kalachnikovs et autres fusils d'assaut sur les zones sensibles du globe. Participant ainsi à leur dissémination. Deux ans d'enquête en France et à l'étranger ont permis à Laurent Léger, documents à l'appui, de toucher du doigt l'ampleur des connexions entre trafiquants et services secrets. En exclusivité, certains marchands de mort ont même accepté de se confier, révélant le dessous des cartes de ces trafics macabres.

23 octobre 2006


Le Monde comme il est est une invitation à découvrir la mondialisation à travers un voyage en Asie et aux Etats-Unis. Le livre d'Alain Boublil est un peu sur un thème comparable à celui de Thomas friedman, La terre est plate. Mais leurs conclusions divergent. Si A. Boublil décrit un Monde sans fard, et appelle les Français à sortir de leur illusions idéologiques, il souhaite une mondialisation humaine tempérée par des mécanismes de régulation constatant que l'ouverture commerciale a aussi ses limites.

L'auteur estime qu'entre le capitalisme anglo-saxon, et la frilosité, une autre voie est possible celle des réformes que la France devrait entreprendre qui tout en participant à l'économie internationale lui permettra de conserver sa spécificité. Le Monde comme il est ou la Mondialisation vue de gauche.
L'ouvrage est intéressant, la première partie consacrée à la Chine reprend en partie les analyses de l'auteur développées dans un précédent ouvrage. Mais cette analyse se heurte à une question insoluble, la Mondialisation est elle compatible avec une économie sociale ?

20 octobre 2006


A travers cet ouvrage, Thomas Friedman nous emmène dans un véritable tour du monde de la mondialisation de Bangalore à Atlanta en passant par Shanghai. L'ouvrage explique le fonctionnement de cette nouvelle économie internationale, source d'espoir pour des millions de travailleurs, leur permettant de sortir de la misère. La terre est plate car toutes les frontières ont disparu. Un ouvrage optimiste qui tranche avec les lamentations habituelles sur l'internationalisation, l'ouvrage est surtout concret , l'auteur nous fait partager ses découvertes au fil de son long périple sur les routes de la mondialisation.


Le terme de mondialisation est apparu voici une dizaine d’années pour désigner plusieurs évolutions de premier plan comme le développement du commerce international, la diminution des coûts de transport et les progrès technologiques telles les communications par satellite.
Selon les statistiques de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les échanges commerciaux ont augmenté en volume de 6 % en 2005, soit environ deux fois plus vite que la richesse mondiale. Pour la première fois, les exportations de marchandises ont dépassé en 2005, le seuil des 10 000 milliards de dollars (8 273 milliards d'euros) pour s'établir à 10 120 milliards. Le développement du commerce international a été facilité par la libéralisation des échanges grâce aux accords comme le GATT puis à la fondation en 1995 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

18 octobre 2006


L'Antimanuel d'économie est un ouvrage qui remplace amplement de nombreux opuscules que tout étudiant de Science économique doit absorber.
Avec un humour proche de l'ironie et une réelle pédagogie, Bernard Maris revisite les grands thèmes de l'économie, le capitalisme, la place de l'homme dans la société.
L'ouvrage a comme première clarté la pédagogie et la vulgarisation sans sombrer dans la simplification, l'auteur n'hésite pas à présenter les idées de Shumpeter ou de Keynes; Bernard Maris a complété son ouvrage par des textes de référence qui permettent d'approfondir utilement ses propos.

Cet ouvrage est celui d'un auteur engagé et si la rhétorique antilibéral peut parfois friser l'excessif, B. Maris ne se contente pas d'une simple incantttion et effectue une véritable démonstration. le chapitre consacré à la gratuité source de l'innovation est à cet égard révélatrice.
Un très bon ouvrage agréable à lire, qui fait aimer l'économie.

12 octobre 2006


Pierre Haski devrait sans doute appliquer au journal Libération, la recette des Editions Les Arènes, publier des articles intéressants qui suscitent l'intérêt et la curiosité.
Cet ouvrage reprend les chroniques et les écrits de Pierre Haski alors correspondant de presse en Chine pour Libération.
Cinq ans en Chine est un portrait touchant, vivant, passionnant de la Chine contemporaine.
Pierre Haski est l'un des rares journalistes sachant rendre compte de la complexité des situations qu'il connait. Son ouvrage consacré à l'Afrique du Sud, voici vingt ans avait su éviter le manichéisme. Ici, le lecteur au fil d'un épais ouvrage vit au rythme de Shanghai, de Nankin et de Pékin.
Cette radiographie de la Chine est une succession de remarques, agrémentées par les commentaires des lecteurs de son blog. L'auteur ne prétend pas, comme il le rappelle en introduction analyser la société chinoise, mais simplement en prendre le pouls, un pari réussi avec des illustrations photographiques qui rendent encore plus proche cette Asie lointaine.

10 octobre 2006


Cet ouvrage d'Antoine Sfeir et de Nicole Bacharan est un confrontation originale de deux esprits l'un libanais chrétien et l'autre occidental défendant la vision américaine.
Si le titre est pessimiste, les deux auteurs présentent très bien les différences et les raisons de la défiance mutuelle entre le monde arabo-musulman et les Etats-Unis. L'ouvrage offre une approche originale rompant avec les pamphlets habituels dénigrant l'Amérique ou soutenant l'idée d'une Guerre des Civilisations.
En un mot un essai très instructif et vivant, à lire pour comprendre.

08 octobre 2006


L'ouvrage l'Afrique des idées reçues offre une approche originale du continent africain.

La mondialisation économique et l’intensification des échanges commerciaux n’ont pas résorbé la misère dans le monde, ou de manière encore insuffisante. Les déséquilibres restent flagrants, les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon concentrent 80 % de la richesse mondiale. Le quart de la population sur terre doit se contenter de vivre avec moins d’un dollar par jour. L’Afrique et certains pays d’Amérique latine et d’Asie restent véritablement en marge de l’économie internationale.

Les handicaps du continent noir sont nombreux et suffisamment soulignés. L’environnement géographique n’est guère favorable, le désert couvre 40 % de la superficie de l’Afrique et les ressources hydrauliques sont insuffisantes pour assurer une irrigation régulière. Des pays entiers sont en réalité des déserts comme l’Algérie, la Namibie ou le Botswana. L’héritage colonial a été douloureux. La présence européenne a laissé des Etats qui ne sont souvent que des constructions artificielles où la cohésion nationale reste fragile quand doivent coexister des populations de religions et de cultures différentes (comme par exemple les chrétiens et les musulmans au Soudan). L’immense Congo Zaïre (2,3 millions de km2) n’a qu’un littoral de moins de 50 km. Les frontières délimitées par les Européens font l’objet de multiples contentieux a fortiori dans les zones pétrolifères.

Un ouvrage qui permet de comprendre les réalités de l'Afrique au delà des lieux communs et surtout en donnant une place de choix légitime à l'analyse sociologique.

06 octobre 2006


Sur un ton loin d'être hagiographique, les auteurs de cet ouvrage les Sarkozy, une famille française, dressentun portrait de la famille du prétendant à l'Elysée.
De l'arrivée de Pal Sarkozy à Paris en 1948, à la victoire aux élections municipales à Neuilly en 1983.

P. Nivelle et E Karlin retracent l'enfance et l'adolescence de Nicolas Sarkozy et de ses frères. Le livre apporte des informations très intéressantes, dans un style très fluide agréable à lire. cetains passages méritaient sans doute d'être plus développés.
L’histoire française des Sarkozy commence à Paris sur une bouche de métro, en décembre 1948 lorsque Pal Sarkozy, réformé de la Légion étrangère, arrive d’Afrique du Nord. Il a faim, il a froid, il est seul dans le dédale d’avenues battues par l’hiver. Presque soixante ans plus tard, son fils Nicolas rêve de dormir à l’Elysée.


De Pal à Nicolas Sarkozy, une seule génération a tracé cette trajectoire inouïe. Le père et le fils se ressemblent: même front haut, même ambition. Mais dès l’enfance, Nicolas s’est construit en butte au père absent, dans la violence du ressentiment, souffrant de sa taille et sa solitude.
Une famille française retrace la saga des Sarkozy, dans les steppes de la Hongrie impériale puis soviétique, et aussi à Salonique, la Jérusalem de la Méditerranée, en Corrèze pendant l’Occupation, à Paris, à Neuilly. A travers la France de Vichy, les Trente Glorieuses, et les premières années de l’ascension de Nicolas Sarkozy se dessine le récit d’une famille peu ordinaire, avec ses victoires et ses mensonges. Repliée dans sa mémoire d’exil, la vérité de Pal Sarkozy s’effrite entre les mots : le château en Hongrie, la noblesse, la légion, la réussite. A ses enfants de démêler le vrai du faux.


Andrée Sarkozy, la mère, fille d’un immigré juif, amoureuse du Hongrois flambeur et flamboyant, mariée puis abandonnée, s’est battue pour élever ses trois fils dans les beaux quartiers. Devenue avocate après son divorce, elle a imposé son énergie à ses proches, tandis que le grand-père, le docteur Benedict Mallah, veillait sur la nichée.
Chacun des trois garçons Sarkozy a réussi à sa manière. L’ainé, Guillaume, dans les affaires comme son père, François le troisième est devenu médecin comme son grand-père. Nicolas s’est fait une place tardive dans la famille, mais au premier rang, sous les projecteurs dont il a raffolé très vite. Rien ne le prédestinait à la politique, devenue dès l’adolescence une passion dévorante. Parce qu’un homme est la somme de ses origines, parce que son destin s’esquisse dès l’enfance, parce qu’il se bâtit sur ce qui est donné, ce qui est tu et ce qu’il faut prendre, raconter la famille de Nicolas Sarkozy, c’est une autre manière de parler de lui. Tant il est vrai que le fils d’immigré a façonné l’homme politique, et le gamin d’hier l’ambitieux d’aujourd’hui.














05 octobre 2006


Dans cet ouvrage, Jean-Michel Helvig porte un regard indulgent et lucide sur celui qui fut selon une formule consacrée "le plus jeune premier ministre de la Vème république". Mais depuis son départ de Matigon en mars 1986, laurent Fabius tout en menant une carrière de premier plan n'a jamais été en mesure d'atteindre l'objectif recherché : l'Elysée.

"Tout le destinait aux sommets, il n'en finit pas de remonter la pente. Et alors que d'autres ont percé par élimination de la concurrence, lui trouve toujours devant lui des rivaux nouveaux, de Lionel Jospin à Ségolène Royal, en passant par François Hollande, Dominique Strauss-Kahn ou Jack Lang", écrit l'auteur.

JM helvig dresse un portrait intimiste de laurent fabius, dont l'impopularité y compris chez les sympathisant de gauche a toujours été surprenante.
Un essai sympathique permettant de mieux découvrir l'une des personnalités de la vie politique française.

04 octobre 2006


Bréal propose une collection fort intéressante d'ouvrages destinés à la préparation aux concours commerciaux notamment l'ouvrage de Francis colligon, la France en Fiche;
Un outil de travail, clair et synthétique et pratique.




la collection de préparation propose de nombreux titres qui couvrent l'essentiel du programme de classe préparatoire.

03 octobre 2006



A travers cet ouvrage, Charles Gave pousse un cri du coeur. Il dénonce l'inertie de la société française, la démission des élites et appelle à une véritable transformation de la société. On pourrait penser que ce type de discours dans la veine d'un François de Closet, n'est pas nouveau, mais C. Gave présente de manière vivante et pédagogique son discours. Un livre sympathique


Charles Gave, né en 1941, spécialiste des marchés financiers, est le fondateur de GaveKal Research, GaveKal Securities et de GaveKal Capital, dont il est aussi le Président. Il a reçu un PhD en économie de l'Université de Chicago où il fut l'élève de Milton Friedman.

30 septembre 2006


Il a sans doute été le plus brillant des successeurs du Général de Gaulle, avec l'assurance de ceux qui ont de la chance dès la naissance.
De sa défaite, il en a gardé une inguérissable nostalgie. Dans le troisième et dernier tome de ses mémoires, Le Pouvoir et la Vie, Valéry Giscard d'Estaing retrace les trois dernières années de sa présidence.
Pour un grand nombre de Français qui n'était pas né ou qui n'avaient pas l'âge de comprendre les enjeux électoraux à l'époque, l'ouvrage pourrait paraître sans intérêt.
Il n'en n'est rien, très bien rédigé, l'ouvrage de VGE nous replonge dans les années 1970, dans une France qui commence seulement à connaître une longue crise. Si l'ouvrage parfois tombe dans le playdoyer prodomo, ce qui en soi est tout naturel, le lecteur découvrira maintes anecdotes comme celle de l'affiche électorale la Force tranquille, conçue initialement pour Danone !!
Un ouvrage qui nous présente une France moins tourmentée qu'aujourd'hui où les mots islamisme, communautarisme, violence urbaine, déclin, n'existaient pas...




J. Chirac aura tout entrepris pour assurer la défaite de Giscard d'estaing. Les pages les plus savoureuses de ce livre.
Parvenu, enfin à son objectif, il n'aura finalement exercé qu'une présidence médiocre.



Voici un livre fort intéressant, un échange vif mais courtois entre Pascal Boniface et Elisabeth Schemla.
Pascal Boniface a été le fondateur de l'IRIS, l'un des plus importants centre de recherche stratégique français. Il a courageusement fait face à ses détracteurs qui suite à une publication l'avaient accusé d'antisémitisme. Cette triste affaire, P.Boniface l'a raconté dans un ouvrage fort lucide, Est-il permis de critiquer israël ? (Robert laffont, 2004). Il entreprend un dialogue avec la journaliste E. Schemla qui n'a jamais caché sa sympathie pour le gouvernement Sharon.

Si les deux points de vue sont totalement opposés, les échanges sont instructifs, puisque les deux auteurs nous font partager leur connaissance approfondie de la société israélienne et française.



Les cinq dernières années ont été marquées par la place majeure que le conflit israélo-palestinien occupe au Proche-Orient. Mais aussi en France, où les répercussions du conflit n'ont pas fini de
lézarder le tissu social. La virulence des arguments, accompagnée d'une violence des comportements, a été d'un niveau rarement atteint. Nouvel antisémitisme, antisionisme en hausse, apparition de l'islamophobie, remises en cause de la laïcité, controverse autour d'Ariel Sharon, arrivée au pouvoir du Hamas en Palestine, embrasement de la région, poussée du Hezbollah, montée des
communautarismes, débats sur l'islamo-gauchisme et la tentation de l'extrême droite chez certains Français juifs, rôle des médias, polémiques sur Alain Finkielkraut et Dieudonné... ont dessiné un nouveau paysage français. Au cœur de tout cela, l'existence d'Israël et des Juifs, l'identité de l'islam et les relations franco-arabes. Intellectuels et journalistes se sont déchirés sur ces thèmes avec une dureté inouïe. Pascal Boniface et Elisabeth Schemla, aux positions antagonistes, ont accepté d'entamer un dialogue sans concessions. Même si leurs positions sont irréductibles en bien des points, ils croient nécessaire de s'expliquer rudement mais calmement. Pour ainsi dire, de donner l'exemple.

29 septembre 2006


A travers cet essai Arnaud Blin tente d'expliquer l'évolution de la politique étrangère des Etats-unis depuis le 11-septembre.
L'auteur montre avec précision l'arrivée au pouvoir de ce courant néoconservateur et ses figures de proue comme Paul Wolfowitz, et ses ambitions.
Pour l'auteur, ce discours de la peur du terrorisme sert des intérêts économiques et pétroliers moins avouables.

A la lecture de cet essai, il serait tentant de penser qu'il s'agit d'un énième ouvrage sur "la méchante amérique" et les "affreux républicains" de G Bush. Mais A. Blin qui connait très bien les Etats-Unis pour y avoir étudié et séjourné, offre un disocurs plus mesuré et montre les contradictions des idéologues du régime américain.


28 septembre 2006


Sur les antennes notamment "c 'est dans l'air" pour ne pas nommer cette sympathique émission, viennent pavoiser des experts dont parfois on peut douter de la compétence. Que penser d'un spécialiste de l'Amérique qui ne parlerait pas un mot d'anglais ? ou c'est souvent le cas de spécialistes du moyen arabe, incapables de comprendre l'arabe.

Ce préambule est nécéssaire pour comprendre tout l'intérêt de l'ouvrage de Valérie Niquet. Un ouvrage que l'on peut qualifier de fondamental au sens qui sort des stéréotypes habituels.
Valérie Niquet a comme première qualité de maîtriser le chinois et le japonais et donc de pouvoir nous faire partager sa connaissance et sa lecture de la presse chinoise et japonaise.

Cet ouvrage est vivifiant au sens où le lecteur même attentif et s'intéressant aux relations internationales apprendra de nombreux faits. Loin d'être manichéen, cet essai replace en perspective les relations sino-japonaise. Surtout, l'auteur évite de condamner le Japon en soulignant bien les efforts accomplis depuis 1945 pour compenser les atrocités commises. V. Niquet explique comment l'histoire douloureuse de la seconde guerre mondiale a été manipulée par le nationalisme chinois mais aussi nippon à partir de la fin de la guerre froide.

En un mot, un très bon livre, d'un auteur qui connait bien son sujet et qui écrit très clairement.
Le nombre élévé de visiteurs sur ce blog (plus élévé que mes estimations initiales) peuvent entraîner certains désagréments (accès difficile au blog, bande passante faible...). Tout ceci devrait être résolu prochainement selon l'hébergeur de ce blog.

Merci pour votre fidélité
Un livre a lire

Cet ouvrage présente sous forme synthétique et pédagogique les cinquante institutions françaises à connaître dans la perspective des concours de la fonction publique.

En effet, de nombreux concours administratifs exigent une connaissance précise de ces institutions : épreuves écrites aux concours de greffier en chef, des instituts régionaux d’administration, questions à l’occasion des oraux de la plupart des concours. De plus, il faut souligner les réformes constantes de l’organisation administrative et institutionnelle en France, nécessitant une mise à jour annuelle : si la création d’un tribunal administratif aux îles Wallis et Futuna en 2003 ne constitue pas un savoir fondamental, l’ignorance de la mise en place d’une nouvelle cour administrative d’appel à Versailles en 2004 s’avère déjà plus gênante ; de même la modification substantielle de la répartition des compétences entre juridiction de proximité, tribunal d’instance et tribunal de grande instance ainsi que le relèvement des taux de ressort en 2005 ne doivent pas échapper à l’attention des candidats.

Or, entre les résumés étiques des guides de découverte, les indications éparpillées tout au long de certains manuels et la documentation trop volumineuse des traités, il s’avère parfois long et coûteux pour le candidat de disposer d’une synthèse à la fois complète et claire. C’est pourquoi, nous avons voulu proposer au travers de ce livre, les informations essentielles inhérentes à chaque institution, déjà ordonnées sous forme de plan, et partant, directement exploitables pour répondre à une question de concours.

Par ailleurs, il ne s’agit pas de fournir au postulant un simple mémento, aussi vite oublié qu’appris et recopié sur une copie. Cet ouvrage a aussi vocation à ouvrir quelques pistes de réflexion à partir d’une vision d’ensemble de l’organisation administrative de la France. L’historique autant que les perspectives associées à chaque institution permettent ainsi au lecteur de ne pas simplement apprendre les compétences dévolues à chacune, mais de comprendre l’évolution des institutions entre elles, tout en les rendant plus vivantes.


Les Institutions françaises, SupConcours, Hachette, 2006

27 septembre 2006


La revue Afrique contemporaine est certes destinée à un public de spécialistes mais l'étudiant ou le lecteur cherchant une information précise et fiable trouvera une réponse toujours très intéressante et argumentée.
Récemment, Afrique contemporaine a publié plusieurs numéros consacrés à l'actualité comme le pétrole en Afrique (n°216) ou Sécurité et développement (n°218)

26 septembre 2006



Ces dernières années et à fortiori depuis le 11-septembre, l'islamisme est devenu un objet d'étude de premier plan. L'ouvrage Islamismes d’occident. Etat des lieux et perspectives sous la direction de Samir Amghar, se propose d' analyser comment l’islamisme de minorité s’implante et se recompose, en s’intéressant à la situation dans plusieurs pays (France, Allemagne, États-unis,…), en suivant plusieurs mouvements (Frères musulmans, Hizb ut-Tahrir, notamment).
Cette étude est originale dans la mesure où elle s'intéresse à la diffusion de l'islam dans les démocraties occidentales, en prenant soin de distinguer prosélytisme religieux et action terroriste.

Evidemment, on peut toujours regretter certains points comme une étude plus affinée de l'islam noir aux Etats-Unis et ses relations avec la communauté arabe. Mais les auteurs n'ont pas cherché à l'exhaustivité et dans l'esprit de cette collection se sont donnés l'ambition somme toute réussie d'apporter un éclairage sur une question d'actualité.

25 septembre 2006


Après son essai, La France qui tombe, Nicolas Baverez propose plusieurs pistes de réflexions pour enrayer le déclin de notre pays.

Le déclin de la France n'est plus un objet de débat, mais une réalité. Un fait têtu dont le caractère désagréable ne supprime en rien l'existence. Le problème central qui se pose aux Français et qu'ils devront résoudre en 2007 n'est donc pas : " Où en sommes-nous ? " mais bien : " Que faire ? " Le déclin n'a rien de fatal : il relève d'une succession d'erreurs stratégiques et plus encore de la bulle de mensonge dans laquelle s'est enfermée la vie politique depuis un quart de siècle. De même, le redressement n'a rien d'automatique : il ne dépend que des Français qui doivent s'engager dans un examen de conscience national pour moderniser leur pays. L'objectif est clair : réinventer un modèle français adapté au monde du XXIe siècle. Pour cela sept questions clés devront être tranchées ; la question de l'autorité, donc des institutions ; la question du bien public, donc de l'Etat ; la question de la production, donc de la croissance ; la question du travail, donc du modèle social ; la question de la connaissance, donc de l'innovation ; la question de la liberté, donc de la sécurité ; la question de la France, donc de la nation. Après le temps du diagnostic s'ouvre le temps des propositions. Nicolas Baverez dessine une stratégie de modernisation de la France fondée sur une mécanique de choc et de vitesse, seule à même de lui permettre de rejoindre le peloton de tête des démocraties développées. Avec pour horizon une double réconciliation : celle de la France avec la modernité, condition du relèvement de sa puissance et de sa capacité d'action ; celle des Français avec leur patrie, condition de l'apaisement des passions extrémistes et de la sauvegarde de la démocratie.

L’effondrement de l’Empire soviétique en 1990 a profondément remis en question la place de la France dans le Monde.

Sur le plan mondial : Avec le démantèlement de l’Union soviétique, la France a perdu ce rôle de trait d’union entre les deux Grandes Puissances. Les Etats-Unis n’ont plus besoin de ménager la France. Auparavant la France était un rouage essentiel dans le combat contre « L’Empire du Mal ». Aujourd’hui, les Etats-Unis ne se soucient plus guère de l’avis de leurs alliés. La France était écoutée dans son rôle d’avocat des pays du Tiers Monde, car ces derniers pouvaient basculer dans le camp ennemi, les doléances françaises étaient prises en considération. Maintenant la France est ignorée.

Sur le plan régional : La France jusqu’en 1990, disposait du statut de puissance occupante en Allemagne avec en 1990 plus de 46 000 soldats sur place (Les Forces française d’Allemagne, FFA) et cogérait avec les Alliés, la ville de Berlin-ouest. Avec la fin de la Russie soviétique, l’Allemagne a recouvré sa souveraineté, la France doit se résigner à voir sa prééminence s’affaiblir en Europe.

A plusieurs titres, la France demeure une puissance mondiale. Mais l’émergence de nouveaux acteurs, la fin de la bipolarité remettent en question les fondements même de sa puissance. Trop souvent le pays vit dans l’illusion de sa puissance car si la France tient un discours mondial, ses actions et son influence se contentent d’être régionales.

23 septembre 2006


L'Amérique latine a connu une décennie "perdue" entre 1985 et 1995. Aujourd'hui grâce aux investissements chinois, à l'appréciation de cours des matières premières comme le cuivre, le continent connait un réel essor.
Depuis l’an 2000, les relations économiques s’amplifient, les investissements directs de la Chine se multiplient comme les échanges commerciaux.
Le commerce bilatéral entre la Chine et l'Amérique latine connaît une croissance exponentielle passant de 12,6 milliards de dollars en 2001 à 40 milliards en 2004, pour s’établir à plus de 50 milliards de dollars l’an dernier. Avant 2010, le chiffre de 100 milliards de dollars devrait être atteint. Et un premier accord de zone de libre-échange a été signé entre la Chine et le Chili en novembre 2004. L’intérêt que la Chine porte à l’Amérique latine peut s’expliquer au regard de trois enjeux, pétrolier, minier et agricole, ce que je détaille dans mon ouvrage. L’Amérique latine avec près de 10 % des réserves mondiales de pétrole et d’importantes réserves de cuivre, de fer est un réservoir de matières premières minière et agricole pour l’ « Empire du Milieu ».
La Documentation française à travers cet ouvrage dresse un panorama de ce continent, en évoquant les questions religieuse comme le déclin relatif du protestantisme, et les évolutions institutionnelles. L'ouvrage est complété par vingt notices détaillées rappelant les données fondamentales de chaque pays d'Amérique latine.

22 septembre 2006


Le livre de Barbara Loyer, Géopolitique de l'Espagne (Armand Colin) a comme ambition de présenter les contradictions comme les défis de l'Espagne, un pays et une nation qui nous sont très proches mais finalement dont l'histoire reste assez méconnue.
L'ouvrage résolument s'oriente vers une étude régionale de l'Espagne en présentant dans une première partie des différentes régions comme la Catalogne ou la Lombardie. La seconde partie traite des principaux défis auxquels l'Espagne est confrontée à commencer par l'immigration.
Cette synthèse est donc fort intéressante et exhaustive pour qui veut connaître ce pays, même si certains aspects comme les relations avec l'Amérique latine pouvaient être plus approfondis. On peut également regretter mais c'est un choix assumé par l'auteur de jugements parfois hâtifs ou subjectifs notamment à propos de l'héritage de Franco.

21 septembre 2006


Les Editions Nathan viennent de publier quatre ouvrages de Géopolitique dans la collection Nouveaux continents.
Le programme des classes préparatoires aux Grandes Ecoles de commerce inclut désormais des thèmes de géopolitique.
Ces ouvrages sont principalement destinés aux étudiants de classes préparatoires, mais également à un public cultivé cherchant un manuel exhautif pour des non spécialistes.
En près de 400 pages, chaque titre fait le tour des enjeux géopolitiques d'une région , en mettant en valeur les données fondamentales, sur le plan historique, géographique et culturel.
Les ouvrages sont très clairs et pédagogique, la présentation très agréable, et les meilleurs auteurs ont participé à leur rédaction comme Pierre Gentelle ou Roland Pourtier. Les rubriques comme "Zoom" permettent d'approfondir certains points d'histoire ou d'économie.



Le mérite des auteurs et d'avoir su aborder un thème vaste l'Asie, sans de contenter de généralité. Le chapitre consacré à l'Inde est par exemple très précis à propos des castes et de leur fonctionnement. Une très belle collection.

20 septembre 2006


Les entreprises chinoises et indiennes sont de plus en plus actives en Afrique subsaharienne, et l’intérêt qu’elles portent à ce continent est bien plus qu’une simple ruée vers les ressources naturelles, indique une nouvelle étude réalisée par la Banque mondiale.

D’après cette étude, intitulée Africa’s Silk Road: China and India’s New Economic Frontier (La Route de la soie en Afrique : Nouvel horizon économique pour la Chine et l’Inde), les exportations de l’Afrique vers l’Asie ont triplé ces cinq dernières années, faisant de celle-ci le troisième partenaire commercial des pays africains (avec une part de 27 %) derrière l’Union européenne (32 %) et les États-Unis (29 %). Les apports d’investissement direct étranger de l’Inde et de la Chine ont également progressé : ceux en provenance de Chine s’élevaient ainsi à 1,18 milliard de dollars au milieu de 2006, indique l’étude.



L’ouvrage présente des données originales établies à l’échelon même des entreprises chinoises et indiennes présentes sur le continent africain, comme l’explique son auteur, Harry Broadman, conseiller économique à la Banque. Il a procédé pour cela à une enquête auprès de 450 firmes chinoises et indiennes à l’échelon de quatre pays — Afrique du Sud, Tanzanie, Ghana et Sénégal — et entrepris les premières études de cas en matière commerciale à être menées sur le terrain au niveau de 16 autres entreprises de la Chine et de l’Inde en Afrique.


Les nouvelles données laissent penser que les entreprises asiatiques commencent à se diversifier. Après les ressources naturelles et le pétrole, elles s’intéressent désormais à toute une gamme de secteurs, une tendance qui pourrait, selon M. Broadman, aboutir à ce que l’Afrique produise des produits plus avancés et aider ainsi la région à participer plus pleinement aux échanges internationaux.

Nombreux sont ceux qui se demandent si le même « miracle » peut se reproduire en Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Bien que la progression des flux d’échanges et d’investissements de l’Asie incite à l’optimisme, M. Broadman avertit toutefois qu’il existe des asymétries majeures au niveau des relations économiques entre les deux régions. Les droits comparativement élevés que la Chine et l’Inde appliquent aux produits d’exportation de pointe de l’Afrique, ceux d’une valeur maximum, empêchent les pays africains d’exploiter totalement leurs marchés. C’est ainsi que les exportations de l’Afrique ne représentent que 1,6 % de celles que l’Asie reçoit du reste du monde.


Rapport de la Banque Mondiale, La Route de la soie en Afrique : Nouvel horizon économique pour la Chine et l’Inde

19 septembre 2006






Le dernier numéro, 112 de la revue Politique internationale traite de plusieurs sujets notamment la fin de la françafrique et de la compétition énergétique entre la Chine et les Etats-unis en Afrique.


En ce début de xxie siècle, les États-Unis, la Chine et désormais l'Inde doivent relever un défi majeur, celui de leur vulnérabilité pétrolière. Ces trois grands consommateurs d'énergie partagent la même préoccupation : réduire leur dépendance à l'égard du Moyen-Orient, trop instable, tout en s'assurant un approvisionnement régulier en or noir. Au début des années 1990, le pétrole de l'Asie centrale et de la mer Caspienne a suscité la convoitise de Washington, de Pékin et, dans une moindre mesure, de New Delhi. Mais l'enthousiasme pour cette région s'est progressivement émoussé : des incertitudes politiques et juridiques majeures planent sur les États centre-asiatiques et leurs réserves en hydrocarbures se sont révélées sensiblement inférieures aux prévisions initiales. Les trois puissances se tournent donc vers l'Afrique, continent qui, avec 9,4 % des réserves mondiales (comparables à celles de l'Irak), assure aujourd'hui 11,4 % de la production de pétrole de la planète.

18 septembre 2006


L'Edition 2007 du Rapport Ramsès vient d'être publiée. Cette année, un dossier complet est consacré aux défis de l'Union européenne notamment l'immigration mais également les prochains élargissements.
Cet ouvrage publié aux éditions Dunod est complété par des monographies consacrées aux grands sujets d'actualité internationale.
Ramsès fête ses 25 ans et s'est imposé comme une publication indispensable pour les étudiants et les enseignants. L'ouvrage ne se contente pas d'énumérer des faits mais il replace dans leur contexte les enjeux contemporains. Un ouvrage à lire avec intérêt.



17 septembre 2006

Les Editions complexe ouvrent un grand débat sur le "devoir de mémoire". Voici un extrait des réflexions de l'historien René Rémond.


De tout temps les sociétés ont utilisé h i s t o i re à des fins collectives : inculquer le sentiment d’app a rtenance à une communauté politique, honorer la mémoire de ses fondateurs, célébrer la grandeur du groupe, c o n s t ru i re l’identité nationale. Si de nos jours l’histoire est, dans nos pays , affranchie de cette instrumentalisation, il n’en va pas ainsi dans les jeunes États qui sont encore en recherche de leur personnalité. J

L’affirm ation aujourd’hui en France d’un devoir de mémoire est entendue de façon tout à fait différente et prend un tout autre sens. On attend de l’accomplissement de ce devoir qu’il répare les injustices de la mémoire : au motif que l’histoire a trop souvent été écrite par les vainqueurs ou les détenteurs du pouvoir, on accordera une attention particulière aux oubliés de l’histoire, on fera un sort aux minorités.

Mais l’exigence de mémoire aujourd’hui est plus encore une invitation pressante à reconnaître ses fautes et à avouer ses crimes. Ces préoccupations sont certes légitimes et l’expression d’un souci moral de plus en plus fort. Elles n’en aboutissent pas moins à instrumentaliser l’histoire, à l’assujettir à des fins qui lui sont étrangères, à la confisquer au service de causes qui la détournent de son objet propre. Qu’on m’entende bien ! Je ne conteste pas que l’historien ait des devoirs à l’égard de la société : il a notamment celui de mettre à la disposition de tous le savoir qu’il a acquis et sa connaissance du passé : ni l’un ni l’autre ne trouvent leur seule justification dansles satisfactions d’un travail intellectuel. C’est la raison pour laquelle, sollicité à plusieurs occasions de participer à l’établissement de la vérité sur des sujets controversés
ou de contribuer à l’oeuvre de justice, je n’ai jamais hésité à répondre positivement.

Le devoir de l’historien
Mais il importe de réaffirmer que le devoir primordial de l’historien est à l’égard de la vérité plus que de la justice.

Lire la suite sur le site des Editions complexes

16 septembre 2006


La revue Questions internationales propose des mises en perspective, des synthèses et des analyses qui offrent des clés de compréhension pour les grands thèmes de l'actualité internationale et européenne.

Sa présentation est agréable et pédagogique : les articles sont enrichis par des encadrés, des glossaires, des chronologies, et illustrés par de nombreuses cartes et photographies.

Ce numéro consacré à la Grande bretagne présente un grand intérêt et permet de comprendre pourquoi ce pays si proche est finalement souvent si éloigné.

15 septembre 2006


















Rédigé sous la direction de Pascal Gauchon, cet Ouvrage, Inde, Chine à l'assaut du Monde, Puf, analyse de manière méticuleuse et précise l'émergence de ces deux puissances. L'approche thématique permet de cerner les différents enjeux écologique, économique, politique et de disposer d'une synthèse exhaustive et agréable à lire.
Si les publications consacrées à la Chine sont désormais très nombreuses, celles portant sur l'Inde sont plus limitées. En comparant ces deux puissances, les auteurs de cet ouvrage, des professeurs de classes préparatoires ont su mettre en relief les défis et les peurs que suscitent la Chine et l'Inde.

La Chine devrait devenir vers 2035 la première puissance économique du Monde en terme de PNB, et l'Inde à la fin de ce siècle devrait figurer parmi les principaux acteurs de la planète. Un formidable défi.


Par contre la conclusion rédigée par Pascal Gauchon peut prêter à la critique, dans une imprécation "n'ayez pas peur", il assure que le décollage de ces deux puissances apportera plus de richesses que de misère. Un constat loin d'être avéré et partagé. La Chine est dans le jeu de la mondialisation mais avec ses propres règles encore loins des nôtres.


14 septembre 2006


L'ouvrage n'est pas aisé à lire pourtant il a reçu de nombreuses critiques flatteuses et méritées. Dieu est Américain de Jean François Colosimo est une approche religieuse de la vie politique des Etats-Unis. Si le protestantisme et notamment le calvinisme ont fortement marqué les Etats-Unis, avec le dogme de la prédestination, le poids démographique des latinos, catholiques devrait modifier la culture et la vision de l'Amérique.


Pourtant Colosimo démontre avec clarté, que cette religion protestante est devenue en réalité un ensemble de valeur, une forme de religion civile à laquelle adhèrent tous les Américains, quelque soit leur religion première.
Avec deux siècles de retard, le 11 septembre 2001, l'Europe a enfin découvert l'Amérique. Une Amérique dont la démocratie est religieuse et dont la religion est politique. Une Amérique que Dieu a prédestinée à la puissance et qui mène ses guerres au nom de Dieu. Une Amérique où le libéralisme et la sécularisation exaltent la nation et où le fondamentalisme est devenu culte national.

13 septembre 2006


Le dernier numéro de la revue Géoéconomie publié par l'Institut Choiseul évoque un sujet d'actualité : le pétrole. Les différents contributeurs analysent les enjeux de la situation énergétique notamment aux Etats-unis et en Russie. Ce numéro de Géoéconomie est une synthèse très utile et intéressante à lire.

12 septembre 2006


La revue Perspectives chinoises est publiée par le centre d'études français sur la Chine contemporaine à Hong Kong. Revue trimestrielle, Perspectives chinoises apporte un éclairage sur l'évolution de ce pays.

Revue entièrement consacrée au monde chinois contemporain qu'elle analyse dans ses aspects socio-politiques, économiques, culturels et littéraires, elle offre une information originale ainsi que des analyses fondées sur des enquêtes de terrain menées par des chercheurs spécialisés.

11 septembre 2006


En ce 11-septembre, il est intéressant de revenir sur la situation très complexe et confuse en Afghanistan à travers deux ouvrages parus aux Editions Ellipses.

Le premier Opium pétrole et islamisme dont l'auteur est françois Lafargue a été publié en 2003 mais explique clairement l'enchaînement des événements qui ont amené au 11-septembre. Voici ce que l'auteur écrivait pour présenter son ouvrage :

La position géographique de l’Afghanistan au carrefour de trois grandes aires culturelles, turco-mongole, indienne et iranienne, explique les soubresauts de son histoire. Déchiré par deux décennies de conflits, ce pays ne peut néanmoins se résumer à la rhétorique des taliban et à la production de l’opium. Car désormais, l’Afghanistan constitue le verrou de l’Asie centrale, une voie de passage obligée afin d’acheminer les hydrocarbures de la région du Caucase, et plus particulièrement du Turkménistan vers les ports de l’océan indien et de la Chine. Ces enjeux politiques et pétroliers nourrissent en partie, le chaos actuel. Islamisme, pétrole et opium, tels sont les ingrédients des malheurs de l’Afghanistan.

le second ouvrage est signé Patrick Dombrowsky, un spécialiste réputé de l'Asie centrale. Publié en 2005, Le Nouvel afghanistan fait un point exhaustif de la situation politique du pays.




Structuré en État unitaire dès 1747, l'Afghanistan n'a cessé, durant toute son histoire, de voir son unité remise en cause.
Lorsqu'à la suite des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis sont intervenus sur son territoire, un peu plus de vingt ans après les Soviétiques, pour y chasser le régime des taleban, l'Afghanistan est entré dans une ère nouvelle.
Aujourd'hui, malgré de réels progrès politiques, le pays reste à réunifier et reconstruire. Malgré l'action d'éléments armés occidentaux, les menaces ne sont pas effacées et les forces de l'islam radical peuvent se reconstituer à tout moment à partir des zones frontières avec le Pakistan. Ainsi donc, sans l'appui militaire et politique de l'Occident, ce nouvel Afghanistan âgé de cinq ans peut-il marcher seul ? La nouvelle donne efface-t-elle les lignes de fractures géographiques et identitaires profondes du vieux pays ?




Yves Lacoste, l'un des plus éminents spécialistes de Géopolitique dans le monde francophone, vient de publier cet ouvrage, La Longue histoire d'aujourd'hui.

Les aficionados du professeur Lacoste retrouveront les thèmes habituels déjà développés dans le Dictionnaire de Géopolitique (Flammarion, 1993). Il s'agit d'un panorama richement illustré des rapports de force.
Cet ouvrage ne s'adresse pas au même public que la revue Hérodote. Cet longue histoire, s'adresse à un public plus large de l'étudiant au public intéréssé par les questions internationales.


Yves Lacoste ne développe guère l'analyse théorique de la géopolitique et notamment des représentations qui lui sont chères. Il ne répond pas aux critiques de plus en plus virulentes prononcées contre l'Ecole d'Hérodote et selon ses détracteurs, comme Chauprade ou Raffestin le "nomisme", la vacuité du principe de représentation.

10 septembre 2006


Le livre d'Alain Wang est une invitation à découvrir ce pays immense, et encore inconnu qu'est la Chine.
En quelques pages joliment illustrées, l'auteur présente les principales caractéristiques sociologiques et historiques de la nation chinoise.

Concret, nourri de faits, de chiffres et de témoignages de terrain, il se veut en sympathie profonde avec ce peuple immense, sans exclure pour autant la critique. Une entrée stimulante dans l'univers du nouveau géant de notre siècle.

09 septembre 2006


Depuis une décennie, l’Afrique du sud connaît une véritable métamorphose politique.
L’abrogation des lois de la ségrégation, la libération de Nelson Mandela en février 1990, puis l’organisation du premier scrutin multiracial ont marqué la décennie écoulée. Et l’élection de Thabo Mbeki au printemps 1999 a parachevé ce processus institutionnel.

Cette géopolitique de l’Afrique du sud rassemble et place en perspective les éléments permettant de saisir les différentes facettes de ce pays.
Puissance tous azimuts, l’Afrique du sud constitue en premier lieu, sur le plan économique comme militaire, le pilier du continent noir. Mais la place géostratégique de l’Afrique du sud, comme le rôle des conglomérats tels l’Anglo-american ou Goldco confèrent à ce pays une place également de premier plan sur la scène internationale.

Le chapitre L’Invention d’une nation retrace les soubresauts historiques du pays, car seul cet héritage permet de comprendre l’actuelle situation politique.
Toutefois l’Afrique du sud contemporaine reste toujours marquée par des distorsions sociales, par des clivages idéologiques et religieux particulièrement prononcés, lui permettant ainsi de se qualifier comme étant Le Monde dans un seul pays.

Aujourd’hui le mécanisme institutionnel enclenché voici dix ans permet à l’Afrique du sud d’apparaître désormais comme un laboratoire, véritable modèle pour le continent noir. Mais les revendications sociales, le souvenir des années d’apartheid, les secousses économiques rendent ce processus particulièrement périlleux.
Le dernier chapitre de cet ouvrage met en relief la politique étrangère sud-africaine menée depuis près d’un demi-siècle.

L’Afrique du sud demeure un sujet éminemment géopolitique, un territoire où la géographie est utilisée à des fins politiques et militaire.
L’apartheid ne peut se résumer à une sinistre discrimination en fonction de la couleur de la peau. En effet l’apartheid consistait en un ambitieux projet géopolitique, d’utilisation à des fins politiques et militaires de la géographie.
Rassembler les peuples noirs sur des fragments de territoires dénommés bantoustans, puis leur accorder une indépendance formelle. Partager le territoire pour ne pas partager le pouvoir.

Les premières années de la présidence Mandela puis de son successeur Thabo Mbeki n’ont guère étanché la soif des aspirations sociales, tant exprimées lors du scrutin d’avril 1994. Cependant, le scepticisme ambiant ne doit pas occulter cette évolution historique fondamentale.
Voici quinze années nul ne se hasardait à prédire une évolution sans séismes de l’Afrique du sud. Pourtant le démantèlement de l’apartheid a été mené de manière concertée. Malgré les séquelles du passé, tous les Sud-africains, qu’ils soient Zoulous, Xhosa, Tswana, Afrikaners ou encore métis, savent que la Nouvelle Afrique du sud ne pourra se construire qu’ensemble, pour que la nation arc-en-ciel ne soit pas qu’un rêve momentané.

Géopolitique de l'Afrique du Sud, François Lafargue, Editions Complexe, 2005

08 septembre 2006

"Quand on paye les gens au tarif de femmes de ménage, on a un travail de femmes de ménage" . Tout le monde a en mémoire cette phrase malheureuse mais juste prononcée par un expert lors des auditions parlementaires relatives au procès d'Outreau.
Dans la presse, une cohorte de pigistes travaille non sans mérite et talent, mais sans grand moyens financiers et d'enquête. La qualité médiocre de la presse en France est le résultat de ce manque d'ambitions, les pages internationales de Libération n'apportent aucune valeur ajoutée par rapport aux dépêches gratuites des agences de presses fournies par Yahoo...
Alors, la presse ne pourra continuer à exister qu'en produisant une réelle valeur ajoutée, que n'offrent aujourd'hui que les ouvrages. Les livres sont souvent le fruit d'années de recherche, de passions pour un sujet.
Lire c'est découvrir un autre regard sur le monde.

En cette rentrée universitaire, voici une publication qui intéressera les milliers de candidats au concours d'entrée en Ecole d'infirmiers. Parmi la dizaine d'ouvrages reçus nous avons choisi celui ci rédigé par les enseignants du groupe Supconcours.
Un ouvrage clair et pédagogique qui aborde de nombreux thèmes médicaux et sociaux, indispensable à la réussite à cet examen.
Ce Blog Un livre à lire commente uniquement les publications d'ouvrages consacrés à l'actualité internationale qu'elle soit politique ou économique.
Nous ne faisons pas la recension des romans, ou des livres d'art.

Pour nous contacter par mail : blogunlivrealire@aol.com



L'ouvrage de Pierre Péan a suscité une polémique utile. Pour la première fois, un ouvrage d'envergure relatait le rôle de la France au Rwanda en 1994. L'auteur présente une analyse qui remet en perspective clairement les acteurs et les enjeux et évite de tomber dans une approche schématique.



Noires fureurs et Blancs menteurs s’attarde donc autour de la région des Grands Lacs, en décortiquant le mécanisme de domino enclenché depuis le début des années 1990. En effet, la guerre civile au Rwanda a constitué l’amorce d’un véritable cyclone tropical emportant le régime du président Habyarimana, précipitant le renversement du Maréchal Mobutu, enfin provoquant la fragmentation de ce sous-continent africain.
Cette région des Grands Lacs a été l’une des dernières à être découverte par les Européens, dans la seconde moitié du siècle dernier. La recherche des sources du Nil, anima l’enthousiasme des principaux explorateurs de l’époque (David Livingstone, John Rowlands dit Henry Stanley ou encore Savorgnan de Brazza). Cette expression Grands Lacs se réfère naturellement aux cinq principaux lacs (Tanganyika, Victoria, Kivu, Albert, Edouard, et Kyoga) dont la superficie totale dépasse 110.000 km2.

Longtemps symbole de l’aventure et de l’exploration coloniale et synonyme de rêve, cette région des Grands Lacs, évoque désormais la haine, la guerre et la désolation. Cinquante ans après l’horreur des camps d’extermination, un même mécanisme de haine, de sadisme et d’ignorance s’est de nouveau enclenché. Cinq années avant le troisième millénaire, le coeur de l’Afrique se trouve plongé dans les ténèbres de la barbarie. Jamais les systèmes de sécurité collective ne se sont à ce point révélés inefficaces rongés par l’hypocrisie individuelle. L’hécatombe du Rwanda a suscité dans l’ensemble une certaine indifférence. Les martyrs ont surtout bénéficié de l’indigence de l’actualité estivale. Le premier acte de cette tragédie se jouera dans la guerre civile rwandaise qui verra la victoire de la minorité tutsie en juillet 1994.


Puis, afin d’asseoir son pouvoir, cette dernière entendra renverser le régime zaïrois, déjà vermoulu, du président Mobutu, allié des Hutus. Ainsi naîtra un mouvement de guérilla, sous l’autorité de Laurent Désiré Kabila, épaulé par les Tutsis du Rwanda et qui, parti du Kivu, parviendra à Kinshasa en mai 1997. Mais l’onde de choc du drame rwandais, se propage encore, puisque désormais, Laurent Désiré Kabila se rebelle contre ses anciens parrains. Cette Afrique des Grands Lacs demeure une zone conflictuelle particulièrement complexe. A un niveau d’affrontement local, ethnique, entre Tutsis et Hutus (eux même divisés en clans rivaux) se superposent des rivalités régionales entre l’Ouganda et le Rwanda. Puis entrent en scène sur ce brasier, des puissances occidentales, telles la France ou les Etats-Unis, agissant parfois de manière contradictoire. Mais devant ce déluge meurtrier, la passivité voire l’indolence des Nations-Unies conjuguées à l’hypocrisie des puissances occidentales ouvrent un débat concernant notre indifférence, l’un des visages de l’approbation.

07 septembre 2006


La France en Afrique, Jean-Paul Gourévitch, Acropole, 2006

Jean Paul Gourévitch est un auteur courageux aux écrits forts intéréssants. Cet ouvrage qui fait suite à la L'Afrique, le fric, France, (1997) va contre le politiquement correct ambiant;
Gourévitch à l'image de Stephen Smith dans Négrologie pose les bonnes questions. Si la colonisation avait été aussi abjecte pourquoi les descendants des victimes viendraient-elles en masse demander asile chez leur ancien bourreau ?
Au delà d'un manichéisme simplificateur, l'auteur apporte un éclairage nuancé sur la colonisation du continent noir et dénonce l'instrumentalisation de la misère par des beaux esprits en Occident qui très souvent à l'image d'un françois Xavier vershaeve ne connaissent pas grand chose aux réalités africaines.


Depuis les indépendances, aucun pays africain n'a connu une totale paix civile. Les taches brunes des génocides se sont multipliées sur les cartes : Congo, Rwanda, Liberia, Sierra Leone, Somalie... De calamités naturelles en faillites industrielles, le continent africain vit en marge du développement, alors que l'Afrique ne manque ni de richesses ni d'atouts. Cette image de l'Afrique d'aujourd'hui est-elle explicable par son histoire ? La France est présente depuis cinq siècles sur le continent africain, depuis la traite négrière atlantique jusqu'aux interventions militaires, économiques et diplomatiques actuelles, en passant par la constitution des empires coloniaux, le recrutement de la force noire, l'exploitation des richesses du continent et l'accompagnement de la marche vers les indépendances. Mais son action a été largement travestie, soit par excès de complaisance vis-à-vis de sa mission civilisatrice, soit par la condamnation sans nuances d'une France hier impérialiste et arrogante, aujourd'hui néocolonialiste ou afro-pessimiste. Jean-Paul Gourévitch fait le tri entre les faits historiques et leur interprétation. Il explore aussi des domaines peu balisés : les résistances que l'action de la France a rencontrées en Afrique et dans la métropole, l'image du Blanc en Afrique et de l'Africain dans la société française... La synthèse lucide et documentée qu'il nous livre nous invite à changer notre regard sur l'Afrique, la France, notre passé et notre avenir communs.

Alors que la France a décidé de célébrer l'abolition de l'esclavage et que le débat sur les traites négrières et le rôle positif ou négatif de la colonisation divise la classe politique, une lecture transversale de la présence française en Afrique qui bouscule les tabous de l'Histoire.





















Voici une charmante revue, qui a comme mérite de mieux faire connaître un immense pays, encore méconnu, l'Inde.

La Revue de l’Inde est d’abord une tentative pour exprimer la réalité indienne dans sa complexité et donner la parole à sa différence pour nous la rendre plus proche, nous y initier. L’Inde est à la fois à la racine de nos racines, et l’une des superpuissances de demain. La comprendre, c’est nous placer nous-mêmes dans un monde à la fois différent et familier, traverser un miroir.

Christophe Jaffrelot propose dans son ouvrage, Inde une démocratie par la caste, une analyse fort intéréssante et minutieuse de la plus grande démocratie du monde.
L'auteur souligne à juste titre la particularité de l'Inde, son taux de croissance soutenu, plus de 7 % par an depuis une dizaine années et surtout la capacité de l'Inde à conjuguer développement économique et politique.
L'ouvrage retrace l'évolution du pays en tenant compte de l'héritage britannique que l'auteur présente avec objectivité. Avec Jean Racine, C. jaffrelot est indéniablement l'un des plus fin connaisseurs du sous continent indien.


06 septembre 2006



La collection Géopolitique des Etats dirigée par Bruno Tessier aux éditions complexe invite à la découverte et à l’analyse de territoires au travers de monographies attrayantes et complètes. Chaque volume obéit aux mêmes règles de composition qui offrent l’avantage de faire alterner histoire, géographie et science politique.

Partant de l’idée d’un déterminisme géographique au travers de la rubrique « Les contraintes géographiques », l’ouvrage définit les spécificités des territoires ( telles les vulnérabilités climatiques de l’Arabie Saoudite, ou les ressources hydrauliques limitées de la Jordanie...) avant de détailler les contradictions qui travaillent leurs peuples respectifs.
La compréhension est facilitée par une présentation claire, assortie de notes au regard du texte, et non condamnées à la traditionnelle relégation en fin d’ouvrage. Celle-ci s’agrémente toujours d’un dictionnaire qui facilite les recherches rapides.

L’auteur ne sacrifie à la sobriété que pour mieux appuyer le propos par des cartes et des tableaux synoptiques sous forme d’encarts. Agréable compromis entre le livre érudit et la revue grand public, la collection offre déjà près de quinze titres traitant de pays au nom familier mais pourtant méconnus, notamment Géopolitique de l’Arabie Saoudite d’Olivier Da Lage et Géopolitique de la Jordanie d’Alain Renon, Géopolitique de l'afrique du Sud de François Lafargue

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05 septembre 2006

Géopolitique de la Faim, Action contre la Faim, Puf.

A l’heure où Médecins sans Frontières vient de se voir décerner le Prix Nobel de la Paix, une autre organisation non gouvernementale Action contre la faim apporte une réflexion lucide et instructive sur l’utilisation à des fins politiques et militaires de l’arme alimentaire.

Loin des incantations traditionnelles, condamnant les pays développés, les auteurs de ce livre démontrent avec conviction que les famines restent une arme maniée par les gouvernements. Les principales victimes en sont les minorités rebelles. Plusieurs cas tels ceux de la Corée du Nord, des Albanais du Kosovo, ou de la Somalie illustrent ce constat. Dans sa contribution p.311, Sylvie Brunel souligne que « Le monde peut nourrir le monde » en dépit des discours alarmants et des prophéties tenus depuis une vingtaine d’années.

Ce livre n’hésite pas également à mettre en lumière les aspects négatifs de l’aide alimentaire, notamment la destruction des marchés agricoles locaux, ruinés par la gratuité de l’aide internationale. Or cet ouvrage montre bien les limites des interventions humanitaires, la duplicité des gouvernements du Tiers monde quémandant l’aide alimentaire pour mieux la détourner. Le cas de la Corée du Nord évoqué p.211 ; est à ce titre particulièrement éloquent.

Loin des propos habituels dénonçant le « Nord riche et égoïste », les auteurs de Géopolitique de la Faim exposent la complexité de la question.
Ce travail fort instructif montre que l’action n’empêche nullement de réfléchir...




Erreurs et confusions à ne pas commettre aux concours de la fonction publique, Vincent Lafargue, Hachette,2006














Voici un livre fort utile tant pour les candidats aux concours de la fonction publique que pour tous les étudiants.

L'exigence des examinateurs n' a cessé de se renforcer devant l'afflux de candidats, dont les aptitudes sont souvent comparables. Des propos approximatifs, une erreur de dates, de chiffres ou de noms, laissent l' impression d'un savoir fragmentaire.

Cet ouvrage n'est nullement un florilège des erreurs les plus désopilantes. S'il recense bien des fautes commises par les candidats, le critère de sélection est la fréquence de l'apparition de celles-ci à l'écrit comme à l'oral. Qu'il s'agisse d'orthographe, de grammaire, d' histoire, de droit, chaque erreur ou confusion possible fait l'objet d'une notice détaillée.

04 septembre 2006

Il est indispensable de signaler un ouvrage fondamental, Géopolitique d'Aymeric Chauprade.
Editeur, Aymeric Chauprade s'est initié à la géopolitique grâce à François Thual. Aymeric Chauprade est l'une des principales figures de la jeune génération de spécialistes de géopolitique.
A. Chauprade a une réelle démarche universitaire et non pas militante, ses ouvrages comme ses écrits se fondent sur des sources précises et vérifiables. Il ne s'agit pas d'un regard subjectif sur le monde.

Les premières pages de cet ouvage sont sans doute parmi les plus iconoclastes. L'auteur condamne sans appel mais non sans arguments l'Ecole d'Hérodote, la géopolitique professée par Yves Lacoste. Chauprade oppose une vision réaliste à la vision utopique d'Y. lacoste. L'ensemble de Géopolitique traite des questions stratégiques, et militaires comme de l'importance des détroits et des mers. un ouvrage à lire et surtout un manuel de référence.























Cet ouvrage Géopolitique du Congo, Editions complexes, 2006 a plusieurs mérites.

D'abord il paraît dans une collection ambitieuse dirigée par Bruno Tessier aux Editions Complexes dans laquelle figure déjà plusieurs titres comme la Géopolitique de la Grèce.
Les deux auteurs MF Cros et F Misser présentent un sujet qu'ils maîtrisent parfaitement, le Congo-Zaïre.
Cet ouvrage permet de comprendre les enjeux principaux de cet immense pays et surtout de prendre conscience de l'immense gâchis. Car le Congo ne manque ni de richesses minières ni de ressources hydrauliques.
Les deux auteurs évitent les interprétations trop schématiques comme celles de leur compatriote Colette Braeckman pour qui les colons belges seraient responsables de tous les maux de cette partie de l'Afrique.

Leur ouvrage est équilibré, facile à lire, même si mais c'est un regret présent pour l'ensemble des titres de la collection, la cartographie n'est pas à la hauteur du texte.

Nous présentons ici une interview avec François Lafargue, auteur de l'ouvrage "Demain la Guerre du feu, Etats-Unis et Chine à la conquête de l'énergie", paru chez ellipses en mai 2006.


















Un livre à lire : Présentez nous un peu cette guerre de l’énergie…
François Lafargue : Je pense que nous ne sommes pas assez conscient qu’une bataille pétrolière mondiale se joue aujourd’hui entre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde.
Les USA sont les premiers importateurs et les premiers consommateurs mondiaux de pétrole, ils brûlent près de 40 % de l’essence mondiale. En face, l’appétit de la Chine semble insatiable, 4ème puissance économique aujourd’hui, première vers 2030…Enfin il y’a l’Inde, dont on parle peu en France mais qui à la charnière de ce siècle sera probablement parmi les cinq premières puissances mondiales. De la Cordillère des Andes au Golfe de Guinée, de la mer d’Andaman aux rives de la Caspienne, les Etats-Unis et la Chine se livrent à une véritable guerre énergétique.

Un livre à lire
FL : Oui, le terme n’est pas excessif. Pour le moment à coup de dollars, de promesses, de soutiens politiques et d’investissements, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde se disputent les mêmes régions pétrolifères, Asie centrale, Golfe de Guinée et désormais l’Amérique latine.
L’imbrication économique entre ces trois acteurs rend, espérons le, peu plausible une confrontation militaire directe. Comme pendant la guerre froide, les affrontements seront à la périphérie. Déjà en Afrique comme au Soudan ou au Tchad, derrière les mouvements rebelles, on devine la main de Pékin.

Un livre à lire : Mais qui va gagner la guerre ?
FL : Ou bien je dirais qui va la perdre ?
Je ne suis pas persuadé que la hausse du prix des hydrocarbures soit bénéfique pour les pays africains. La rente pétrolière n’est guère partagée, la course au pétrole entraîne une corruption endémique et ravive les contentieux frontaliers.
Sur un plan purement stratégique, la marginalisation de l’Europe est à déplorer. L’Union européenne se repose pour son approvisionnement en hydrocarbures sur la Norvège et surtout la Russie. Ce qui n’est pas une situation saine.

Un livre à lire
FL : La compétition pétrolière en Afrique entre les pays asiatique et les Etats-Unis frappe par ricochet l’Union européenne. Les exigences des pays africains enflent (montant des redevances pétrolières, obligation de construire des infrastructures, appui politique…). Pour ne pas compromettre sa sécurité énergétique, l’Union européenne doit entreprendre une action diplomatique et économique afin de maintenir son influence en Afrique et ne pas se laisser progressivement marginaliser. Bien heureusement, les Européens ne peuvent pas comme Pékin envoyer des ouvriers au salaire de misère, travailler sur les chantiers en Afrique, pour s’attirer la faveur des pays producteurs de pétrole. Mais malheureusement contrairement aux Etats-Unis, par manque de volonté et de coordination, l’Europe ne parvient pas toujours à recueillir les dividendes politiques et pétroliers de son aide économique.

Un livre à lire : Vous terminez votre livre en affirmant que « les Etats-Unis contre la Chine semblent livrer leur dernier combat ». Ce n’est pas un peu pessimiste ?
FL : Je crois que la « roue tourne ». Il y’a encore beaucoup de méconnaissance ou de préjugés concernant l’Asie. Pour la plupart de nos concitoyens, l’Inde se résume aux lépreux et aux Fakirs. Le décollage de ces deux géants est une chance immense, il ouvre des perspectives pour nos entreprises et pour une jeunesse courageuse. C’est aussi, c’est vrai un immense défi, plein d’inquiétudes.




François Lafargue est docteur en Géopolitique, auteur d’une thèse portant sur l’Afrique du Sud. Il est également docteur en Science politique avec comme thème de recherche la stratégie des Etats-Unis devant la vulnérabilité énergétique de la Chine. Ses travaux portent principalement sur les enjeux énergétiques en Asie et en Afrique et les relations sino-africaines. Il publie régulièrement des articles dans la presse nationale (Les Echos, Libération, La Tribune…) et dans des revues académiques (Défense nationale, Afrique contemporaine, China Perspectives...). Il est professeur de géopolitique à l’Ecole supérieure de Gestion. Il anime également le séminaire « Géopolitique » à l’Ecole Centrale de Paris.
Ce blog n'a pas pour ambition de relater les états d'âme du blogger, un travers assez fréquent sur le net.
Ce blog se donne pour ambition de présenter une critique constructive d'ouvrage traitant de questions internationales dans les domaines de la géopolitique et de l'économie principalement.

En France, une centaine d'ouvrages paraissent chaque jour et malheureusement, des milliers d'ouvrages "ne trouvent pas leur public" comme disent pudiquement les éditeurs.

Ces critiques sont rédigées par un lecteur assidu et permettront de signaler une publication intéressante.